Centenaire de la naissance d’Aimé Césaire

Il y a cent ans, le 26 juin 1913, naissait Aimé Césaire. Un nom peut-être pas complètement inconnu des scolaires, tant il y a d’écoles et de collèges portant son nom. Poète, écrivain et homme politique, Aimé Césaire a profondément marqué le XXe siècle par son œuvre, mais surtout en créant la notion de « l’acceptation d’être noir ».

racisme

Définition du racisme selon Aimé Césaire. DR

« C’est l’enfant chéri du pays ! Il est vénéré par tous les Antillais. C’est un monument à lui tout seul ! », témoigne Annick, originaire de Fort-de-France, grande ville de la Martinique. Le « monument » en question n’est bien sûr pas un bâtiment, mais un poète et un écrivain nommé Aimé Césaire. Le jeune homme commence à écrire lorsqu’il a une vingtaine d’années. Son amour pour les mots et sa passion du verbe, le conduisent à produire une œuvre captivante pour tous les amoureux des belles-lettres. Né en Martinique, le 26 juin 1913, Aimé Césaire va aussi porter un mouvement de pensée qui place l’homme au-dessus de tout. Une pensée qui rejette le racisme et la domination de l’homme par d’autres hommes. Il écrit sa colère sur des cahiers d’écolier et invente le mot « négritude ».

La fierté d’être noir

Que veut-il dire par ce terme ? « Aimé Césaire déclare en fait que l’homme noir a la même valeur que l’homme blanc. Cela nous a fait prendre conscience qu’il ne fallait pas avoir honte d’être nous-mêmes, de regagner notre dignité et notre fierté d’être noir. En résumé, de nous sentir d’abord pleinement homme ! », explique Annick. L’écrivain martiniquais va développer ce courant avec deux autres personnes, Léopold Sedar-Senghor et Léon-Gontran Damas, à Paris, dans les années 1930. À cette époque, un racisme et la discrimination rongent les États-Unis : les noirs sont traités comme des moins-que-rien ! « Imaginez un peu… Des pancartes indiquaient “ Interdit aux chiens et aux noirs “. C’est humiliant et tellement horrible ! », s’émeut Annick.

Des mots comme une force

Les trois poètes, fondateurs de la « négritude », vont utiliser leurs mots comme une force, pour appeler tous les hommes à respecter la dignité humaine, à se battre contre l’esclavage et le mépris des blancs envers les nègres. « Je déchirerai les rires “Banania” sur tous les murs de France », écrit Léopold Sedar-Sanghor. Mais la négritude s’attache surtout à faire connaître la richesse et les immenses valeurs de la culture africaine. Toute sa vie, Aimé Césaire se fera le relais de cette cause et le défenseur des victimes de se passé si lourd : « L’esclavage reste la grande douleur de l’homme noir », déclare Annick.

 

Myriam Rembaut

 

Publié le 27/06/13

Modifié le 01/02/19