En trois étapes

La première étape est la mise à l’arrêt définitif des réacteurs. Le combustible est déchargé et les circuits de refroidissement vidangés. La deuxième est celle du démantèlement partiel. Tous les bâtiments de la centrale sont déconstruits sauf ceux des réacteurs. Enfin, le démantèlement total a lieu. Les générateurs de vapeur, le bloc et le bâtiment du réacteur sont alors démontés. Le démantèlement est une opération difficile, en raison des produits radioactifs que contiennent les installations. Mais, elle est techniquement bien maîtrisée. Tout ce qui est démantelé est traité en tant que déchets nucléaires.

Pour 15 % du coût de construction

En France, seuls les réacteurs G1, G2 et G3 de Marcoule et Chinon A1, entrés en fonction entre 1956 et 1963, ont été complètement déconstruits. Faute de retour d’expérience, l’évaluation du coût est délicate pour les centrales de grande puissance. Il existe cependant un consensus international pour estimer ce coût à 15 % de celui de la construction, soit 3 à 500 millions d’euros par réacteur. Certains « anti-nucléaires » contestent ces évaluations. Pour eux, les coûts de construction et de démantèlement seraient équivalents.

 

Regarder l'infographie sur le démantèlement d'une centrale

 

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Le démantèlement d'une centrale nucléaire

 

Le démantèlement, une charge pour les générations futures ?

Les trois exploitants (EDF, CEA et Areva) prévoient les financements (provisions) destinés à couvrir les futures charges de démantèlement des centrales. D’après la Cour des comptes, en 2004, les provisions d’EDF s’élevaient à 11,2 milliards d’euros pour la déconstruction de ses réacteurs et à 13,4 pour celle des usines du cycle du combustible et le traitement des déchets radioactifs. Les provisions du CEA et d’Areva étaient respectivement de 8,6 et 4,3 milliards d’euros.

 

 

La déconstruction de Brennilis ou la difficile estimation des coûts

Brennilis est un chantier pilote du démantèlement. Ce prototype EL4 a été actif de 1966 à 1985. Démantelé au départ partiellement, EDF a décidé en 1999 de le déconstruire complètement pour libérer le site d’ici 2018. Fin 2002, 219 millions d’euros avaient déjà été dépensés et 263 millions étaient encore nécessaires. Le coût de ce démantèlement a été à l’origine sous-estimé. EDF a justifié ce dépassement par l’application à des centrales de première génération des méthodes d’évaluation des coûts prévues pour des centrales de seconde génération (Source : Cour des comptes, 2005).

 

Combien de centrales arrêtées ?

125 unités électronucléaires ont été arrêtées dans le monde. 13 unités ont été stoppées en France, mais seulement quatre sont démantelées à ce jour. (Source : CEA)

 

 

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Publié le 03/05/13

Modifié le 12/11/19

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