1915-1917 : voyage au bout de la mort

Septembre 1915. L'Europe est à feu et à sang.

Au sud, les Italiens sont tenus en échec par les Autrichiens, qui se battent aussi aux côtés des Turcs et des Allemands contre les Russes à l'est. Sur le front ouest, la Première Guerre mondiale est devenue « la guerre des tranchées ».

Chacun tient ses positions. La guerre d'usure réclame toujours plus d'armes, toujours plus de sacrifices. L'heure des grandes offensives approche. Celle de la révolte également.

Au cœur de la guerre

La guerre s'est enterrée. Cette nouvelle configuration fait primer la défense à l'attaque. Exceptés de rares assauts, le front ne bouge pas. La misère et le désespoir s'installent des deux côtés.

Dans l'enfer des tranchées

En 1re ligne, les soldats doivent tenir leurs positions une semaine avant d'être relevés. Enlisés dans la boue, ils vivent parmi les rats et l'odeur des morts, dans le bruit et la fureur.

 
 

L'horreur des tranchées

Quelles étaient les conditions de vie dans les tranchées ? 

Les tranchées sont organisées en trois lignes successives. La tranchée de première ligne est la plus meurtrière. Les fusils lance-grenade, lance-torpilles et même reprise des arbalètes du Moyen Âge... jusqu'au lance-pierre géant des soldats britanniques, tout est bon pour tuer l'ennemi de la tranchée d'en face. Entre deux pilonnages d'artillerie, les soldats attendent. Ils dorment, jouent à la manille, écrivent et combattent l'ennui en bricolant tout un artisanat avec le cuivre des douilles. L'odeur dans les tranchées est indescriptible. Les rats, les puces, les poux, la gale sont la plaie de toutes les tranchées.

 

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La vie à l'arrière

Les plus âgés sont affectés spéciaux dans les usines et les bureaux. Les femmes, quant à elles, font tourner l'industrie. À force de mourir au front, les hommes se font rares. Au Royaume-Uni, il est désormais courant de se marier vite.

 

Une guerre d'équipement

L'effort de guerre est aussi industriel. Pour tenir le front, les soldats doivent être mieux protégés. La guerre d'usure nécessite de développer de nouvelles armes, toujours plus meurtrières.

Les Allemands à la pointe de la technologie

Ils mettent au point le lance-flammes et de nouveaux obus, les shrapnels, composés de poudre et de billes de plomb qui explosent en l'air.

Contrairement aux Alliés, ils ont des casques en acier mieux adaptés à ce type de guerre. Avec l'exploitation du chlore et du gaz moutarde, la guerre chimique a démarré. Pour s'en prémunir, les soldats allemands sont équipés de masques en caoutchouc avec filtre à charbon actif, qui seront copiés par toutes les armées.

 
 

La guerre chimique

Les armes chimiques de la Première Guerre mondiale

Cette guerre de position exige que les hommes tiennent le terrain sous les obus, même quand ce sont des obus à gaz. Car la guerre chimique a commencé. Le chlore, le gaz moutarde... font des milliers de morts. Le Comité international de la Croix rouge proteste. Depuis 1899, les armes empoisonnées sont interdites. Pourtant tous les belligérants vont tirer des obus à gaz. Les protections contre ces armes sont quasi inexistantes. L'armée française par exemple prescrit du coton dans les narines et une bande sur laquelle le soldat doit uriner, ce qui est censé atténuer le chlore. La cagoule de protection des Anglais, elle, gêne la respiration des soldats. Leurs ennemis sont en avance dans ce domaine. Dès l'automne 1915, les Allemands mettent en service le Gummimaske, un masque de caoutchouc avec son filtre à charbon actif, bientôt copié par toutes les armées.

 

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Les Alliés ripostent

Les premiers chars d'assaut apparaissent.

Les Français adoptent un nouvel uniforme et développent la DCA pour contrer l'aviation ennemie.

Le temps des grandes offensives

Le 6 décembre 1915, les Alliés se réunissent à Chantilly pour améliorer la coordination de leurs armées et préparer une grande offensive pour l'été 1916. Mais les Allemands les prennent de court en décidant d'attaquer Verdun, ville-clé sur la Meuse, à l'est. Les combats vont atteindre un degré de violence jusque-là inconnu.

La bataille de Verdun

Le 21 février 1916, les Allemands lancent l'assaut.

En une heure, 1 million d'obus s'abattent sur les positions françaises.

Suivant la stratégie défensive du général Pétain, les Français leur opposent une résistance acharnée.

2 000 tonnes de munitions sont acheminées chaque jour; 20 millions d'obus seront tirés des deux côtés pendant la bataille de Verdun.

 
 

La bataille de Verdun

Quand a eu lieu la bataille de Verdun ?

Le 6 décembre 1915, les responsables militaires et politiques français, belges, britanniques, russes et italiens se réunissent à Chantilly, près de Paris, pour améliorer la coordination de leur armée. Ils décident organiser une grande offensive franco-anglaise pour l'été 1916 qui partira des positions britanniques et françaises sur la Somme. Mais les Allemands les prennent de vitesse en décidant une offensive sur Verdun. Cette ville clé sur la Meuse est pourtant considérée par les Français comme un secteur calme. Les canons des forts ont été démontés pour servir sur les points chauds du front. La garnison est réduite au minimum. Pourtant les Allemands sont à 20 km. Le 21 février 1916 commence la célèbre bataille de Verdun. En quelques heures, un million d'obus s'abattent sur les positions françaises. Pour cette attaque, les Allemands mettent en œuvre une arme terrifiante : le lance-flamme. Ils parviennent à s'enfoncer dans les lignes françaises, mais rencontrent une résistance inattendue des soldats français, survivants du pilonnage de l'artillerie allemande. Secoué, l'état-major français décide de défendre Verdun jusqu'au bout. Un nouveau chef est nommé. Le général Philippe Pétain prend la main. Son ordre est de se retrancher et de tenir.

 

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La bataille de la Somme

Le 1er juillet 1916, pour soulager l'armée française qui se bat à Verdun, où les pertes sont lourdes, Français et Britanniques décident d'attaquer les positions allemandes au nord, dans la Somme.

Les moyens sont démesurés : 600 000 hommes et 4 000 pièces d'artillerie sont mobilisés.

Le 18 novembre, la bataille prend fin. Les Alliés n'ont avancé que de 10 km au prix d'une hécatombe de plus d'un million de morts pour les deux camps.

Lassitude et mutineries

En 1917, après 3 ans d'une guerre féroce et imprécise, le moral des troupes est au plus bas.

Alors que l'état-major persiste à poursuivre les offensives à outrance, dont le coût humain est considérable par rapport aux gains tactiques, des mutineries éclatent le long du front.

Elles touchent l'ensemble des armées européennes.

Publié le 24/03/14

Modifié le 12/11/19