Il y a eu l’affaire du papa monté au sommet d’une grue à Nantes, le 15 février 2013, pour attirer l’attention sur son problème de garde de son fils. Puis quelques autres manifestations de pères en colère. Ces histoires ont mis dernièrement en lumière la souffrance d’hommes, divorcés ou séparés, qui se sentent incompris ou malmenés par la justice, lorsqu’ils veulent exercer leur droit de père.

Dans 72,1% des divorces en France, la garde des enfants revient à la mère,
contre 7,4% au père, selon des chiffres du ministère de la Justice datant de 2010.
(TANYA LITTLE / FLICKR / GETTY IMAGES )

L’un s’est retranché quatre jours en haut d’une grue à Nantes, un autre s’est assis les pieds dans le vide sur l'Aqueduc des Arceaux à Montpellier, un troisième s'est installé en haut du portail nord de la cathédrale de Chartres… En une quinzaine de jours, plusieurs pères, mécontents des conditions de garde qui leur étaient accordées pour leurs enfants, ont pris des mesures extrêmes pour faire entendre leurs voix. Pourquoi ?

La garde des enfants revient très souvent à la mère

Lorsque les parents divorcent ou se séparent, il se pose inévitablement la question des enfants. Lequel des deux les gardera ? En France, cette garde est très peu accordée aux pères. D’où la révolte de certains. Selon les chiffres du ministère de la Justice, de 2010, la garde des enfants revient à la mère dans plus de 72 % des divorces. Seulement 7 à 8 % des pères se voient confier les enfants. Fabrice Mejias, président de l’association SOS papa, estime que 1,3 million de pères seraient ainsi privés de leurs enfants.

« Il y a des pères meilleurs que les mères, et inversement »

La loi rappelle un principe simple : quelles que soient les relations entre le père et la mère, chacun des parents a le droit de voir son enfant. Le fait que les adultes se séparent ou divorcent n’a pas non plus (sauf cas particuliers) de conséquences sur l’autorité parentale. Reste que dans la vie, les séparations sont plus ou moins faciles, et qu’il s’installe parfois une sorte de « guerre » entre les parents. « Il ne faut jamais oublier que les enfants adorent leur père et leur mère ! rappelle François Battle, avocat et membre de SOS papa. Même après un divorce, les parents doivent continuer à être partenaires, même s’il y a des difficultés. » Pour cet homme de loi, il est nécessaire de lutter contre les idées reçues : « Il y a des pères meilleurs que les mères, et inversement. Des papas souvent lâches et des mamans “tigresses” prêtes à tout pour garder leurs petits. L’important est de mettre l’enfant à l’abri de tout cela, de lui permettre d’aimer ses deux parents et ne pas en faire l’objet de leur désaccord. »

Myriam Rembaut

Publié le 05/03/13

Modifié le 05/03/13