250 000 enfants sont aujourd’hui enrôlés dans des armées. Hier, le 12 février 2013, c’était la Journée internationale des enfants soldats. À cette occasion, plusieurs organismes ont fait le point sur la situation de ces jeunes.

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De plus en plus de garçons et de filles sont enlevés à leur famille, forcés à se battre, ou contraints à servir un groupe armé. Au moins 19 pays du monde sont concernés par ce problème. Pour amnesty international, le commerce des armes est en grande partie responsable de l’augmentation du nombre d’enfants soldats. dans beaucoup de pays, les armes sont échangées et revendues sans aucun contrôle. elles peuvent donc être achetées par des groupes qui recrutent des enfants soldats sans que personne ne le sache. Les Nations unies doivent se réunir, dans les mois à venir, pour discuter du trafic d’armes. Reste que des jeunes subissent encore des violences physiques et psychologiques, et sont même forcés à tuer.

« Je n’ai pas eu le choix »

Ishmael Beah a été l’un de ces enfants soldats de 13 à 15 ans en Sierra Leone, à l’ouest de l’Afrique. Aujourd’hui, 17 ans après les faits, il se souvient de cette époque comme si c’était hier. « Je n’ai pas eu le choix, j’avais perdu toute ma famille à l’époque, raconte-t-il dans une interview donnée à l’Unicef. J’ai fini par me retrouver dans un village occupé par l’armée. Soit je restais là et l’armée me recrutait, soit je partais et j’étais condamné à une mort certaine. » Il témoigne qu’une fois capturé, les enfants étaient drogués. De cette façon, ils exécutaient les ordres sans réfléchir. « Tuer devenait alors aussi facile que n’importe quoi d’autre, se souvient Ishmael Beah. On tirait, on tuait des gens, c’était notre quotidien. Chaque jour était fait de violence et de drogue. Durant le conflit en Sierra Leone, on trouvait des enfants soldats dans tous les différents groupes armés. »

Libérer les enfants soldats

Depuis longtemps, des organismes comme l’Unicef ont mis en place des programmes pour libérer les enfants soldats. C’est grâce à cela qu’Ishmael Beah a pu s’échapper en 1996. « La vie a commencé à reprendre un cours normal, explique-t-il. Lorsque je suis arrivé aux États-Unis, j’ai réalisé que les gens ne savaient pas ce qu’il se passait en Sierra Leone. » Depuis 1998, plus de 100 000 enfants ont été sauvés grâce à l’intervention des organisations humanitaires. Elles les aident à retrouver leur famille et à reprendre une vie normale. Ils reçoivent des soins médicaux, un soutien psychologique et un apprentissage qui leur permet d’apprendre un métier, pour recommencer une nouvelle vie loin de la guerre et de la violence.

Valérie Petit

Publié le 13/02/13

Modifié le 13/02/13