Chaque année la Fondation Abbé Pierre publie un rapport décrivant la situation du mal-logement en France. Le terme « mal-logement » est d’ailleurs un mot choisi par la Fondation pour décrire toutes les situations précaires. En effet, la Fondation, dans ses rapports, ne parle pas seulement des sans-abris mais également de tous les précaires du logement : personnes vivant dans moins de 9m², dans des logements insalubres, dans des caravanes, des foyers ou des hôtels. Le rapport est publié chaque année, le jour anniversaire de l’appel de l’hiver 1954, lancé par l’abbé Pierre.

Mais, qui est l’abbé Pierre ?

L’abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès est né en 1912, et mort en 2007. D’abord moine capucin, il est ordonné prêtre en 1938.

En 1942, il entre dans la Résistance sous le nom de l’abbé Pierre pour pouvoir échapper à la Gestapo et à la police du régime de Vichy. Il cache des enfants juifs, fabrique de faux-papiers pour permettre aux Juifs pourchassés de passer la frontière suisse.

En 1943, il organise des maquis pour permettre aux jeunes Français de ne pas se soumettre au STO. En 1944 il rejoint le général de Gaulle à Alger.

Après la guerre, il est député de 1945 à 1951. Mais surtout, c’est en 1949 qu’il crée la 1re communauté Emmaüs.

L’abbé Pierre choisit ce nom car Emmaüs est le nom d’un village palestinien, proche de Jérusalem, cité dans la Bible, dans l’Évangile selon Luc (24 : 13). Emmaüs est pour l’abbé Pierre le symbole de l’espoir retrouvé, celui d’une seconde chance.

Proches des plus pauvres, l'abbé Pierre devient pourtant particulièrement célèbre grâce à son "appel" resté célèbre. 

L’hiver 1954, une prise de conscience

L’hiver 1954 est particulièrement rigoureux. Faisant régulièrement des maraudes, l’abbé Pierre constate les conditions insoutenables dans lesquelles vivent alors plus de 7 millions de personnes. Le 1er février 1954, il apprend qu’une femme expulsée de son logement deux jours avant est morte de froid dans la rue, il décide de lancer un appel qui marquera l’histoire et fera de l’abbé Pierre l’emblème de la guerre contre la misère.

« Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. »

Cet appel provoque une énorme vague de solidarité et force le gouvernement de l’époque à débloquer des fonds. C’est à cette époque également, qu’est votée la loi interdisant les expulsions pendant la période hivernale. C'est ce qu'on appelle la trève hivernale

Il existe pourtant depuis, encore des millions de personnes mal logées en France. Dans son dernier rapport, la Fondation Abbé Pierre indique que 15 millions de personnes sont concernées par le problème : 3,8 millions de personnes sont considérées comme mal-logées et 12,1 millions sont « fragilisées ».  Pourtant, dans le même temps, un grand nombre de logements restent vacants. Cet épisode de Decod’actu décrypte ces chiffres. 

 
 

Le mal-logement

La France compte 3,8 millions de personnes victimes du mal-logement en 2016, soit 300.000 de plus que l’an dernier. Le mal-logement est un mot qui recouvre des situations très différentes. Il y a d’abord les personnes sans domicile : 141 500 personnes dont 30.000 enfants. Ils dorment dans la rue, sous des tentes ou dans des centres d’hébergement pour sans abris. 25 000 vivent dans des chambres d’hôtel, dont certaines sont parfois très vétustes. 85 000 dorment dans des habitations de fortune, comme des mobil home ou des bidonvilles par exemple…

 

Publié le 04/04/16

Modifié le 08/03/19