Pour les professeurs, aborder un sujet tel que celui là peut être une aubaine (car il est plus facile d'attirer l'attention de leur auditoire) autant qu'un risque (celui de décevoir les élèves, faute de réponses simples et immédiates). Faut-il s’engager sur ce terrain “glissant” ?

Une question de patience

On ne peut pas  faire comprendre aux élèves l'ensemble des mécanismes sous-jacents à cette crise du jour au lendemain. Les élèves posent souvent des questions assez compliquées et de manière assez éparpillée. Comment a-t-on pu prêter à des gens dont on savait qu'ils n'avaient pas les moyens de rembourser ? Ensuite viennent des questions sur les méthodes de propagation, l'effet domino de la crise. Et puis l'emploi, le lien entre la crise et la baisse des cours du pétrole, etc. En quoi, des phénomènes qui se passent loin de chez eux peuvent-ils les affecter ? 

La spontanéité et l’intérêt des élèves sont donc un très bon point de départ car les apprentissages se font mieux quand ils répondent à une vraie demande de connaissances. Mais l’on court le risque de la simplification si on ne s’appuie pas sur des savoirs théoriques et des concepts rigoureusement construits. Il faut donc être patients… et modestes. Tant pour les élèves que pour les professeurs.

Apprendre avec la presse

Cet événement peut aussi favoriser la lecture de la presse quotidienne ou hebdomadaire. Cette pratique peut être très formatrice. Les élèves par groupes ou seuls constituent sur un même sujet, un panorama des manières dont l’événement est relaté et des différentes approches et ainsi les comparer Ils peuvent aussi être amenés à tour de rôle, en début d’une séance de cours, à relater pendant quelques minutes à l’oral ce qui est évoqué dans l’actualité sous la forme d’une revue de presse.

Le travail sur les statistiques ne doit pas être négligé. Les journaux font un usage immodéré des sondages et autres statistiques. Ces chiffres sont bien souvent sortis de leur contexte et assénés sans les précautions d’usage (marge d’erreur pour les sondages par ex.). Le travail de l’enseignant de mathématiques (mais aussi de SES) peut être de donner les moyens de relativiser et de vérifier ces données. Il faut aussi être en mesure de comprendre qu’un chiffre n’est jamais neutre.

S’ouvrir sur l’extérieur

Les mécanismes que nous avons évoqués sont complexes. Mais les conséquences sont très concrètes. La baisse des commandes dans une entreprise, la réduction des effectifs et notamment des emplois plus précaires, les difficultés des banques sont autant de phénomènes que l’on peut appréhender en ouvrant l’école sur l’extérieur. On peut aller visiter une entreprise, une banque, rencontrer des chefs d’entreprises ou des représentants des salariés.  on peut aussi organiser un débat ou un exposé avec des économistes au sein de l’établissement scolaire.

en partenariat avec les cahiers pédagogiquesles cahiers pédagogiques

les cahiers pédagogiques sont publiés par le crap. créée en 1945, la revue est le produit d'un travail militant avec un souci constant de qualité. Elle allie la réflexion des enseignants de terrain sur leurs pratiques et les contributions des chercheurs.

Publié le 11/01/13

Modifié le 12/11/19

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