Sélection de musiques

Aux sources du raï

Cheikha Remitti

Celle qui a posé les premiers jalons thématiques du raï n’a pas eu l’itinéraire d’un enfant gâté. Orpheline très tôt, elle s’est retrouvée dans la situation d’un sans-domicile-fixe, contrainte à errer et à dormir à la belle étoile ou de faire des ménages en échange d’un lit et d’une poignée de piécettes. Ce n’est que bien plus tard qu’elle intègre une troupe de musiciens avant de s’imposer comme la mamie la plus inspirée du raï.

Chants des Aurès

Ali El Khencheli

Tenu pour l’un des plus grands chanteurs des Aurès, Ali El Khencheli, bien que très âgé (il est né en 1914), se distingue par une incroyable puissance vocale. Accompagné par deux flûtes en roseau et des percussions, il perpétue une tradition berbère chaouïa qui ne tolère aucune "luxuriance" d’interprétation susceptible d’affaiblir une métrique confirmée et impose à l’artiste un dénuement de fioritures pour la mélodie. Le charme des chansons, tournant autour de la vie sociale et de l’état amoureux, réside dans leur sobriété et le tout est porté par la voix d’El Khencheli, tour à tour enjôleuse et mélancolique, jusqu’à frôler la douleur.

Le chaabi des grands maîtres

Amar El Achab

A l'instar du tango argentin, du fado portugais porteur de la saudade, du flamenco exprimé entre rage et grâce ou du blues noir américain, le chaabi a jailli, au début du XXe siècle dans la basse casbah d'Alger, en écho à une conjonction d'éléments socioculturels, économiques et politiques. Inspiré de l'andalou dont il a adopté certaines structures mélodiques, il s'en écarte cependant au niveau thématique et rythmique tout en se distinguant par un phrasé et un ton particuliers. Les textes, fondés sur des proverbes d'hier et des maximes d'aujourd'hui, évoquent des situations proches du réel et des préoccupations du peuple, tandis que les instruments (mandole, banjo, piano…) indiquent des intentions modernistes.

Publié le 01/02/13

Modifié le 13/11/19

Retrouve ce contenu dans :