Dans Opération étoile jaune, publié au Cherche Midi, Maurice Rajsfus retrace, à partir d’archives inédites, l’une des pages les plus noires de l’Occupation. L’horreur débute le 7 juin 1942, avec l’obligation pour tous les juifs de plus de 6 ans de porter une étoile jaune et se poursuit avec la rafle du 16 juillet. Nous publions ici le chapitre consacré aux premières mesures discriminatoires prises par les autorités allemandes et appliquées par l’administration française.

L’auteur

couverture opération Étoile jaune

Maurice Rajsfus, un témoin engagé

maurice rajsfus préside l’observatoire des libertés publiques. le 16 juillet 1942, il a 14 ans. il est arrêté avec ses parents – mariés à aubervilliers, quelques années auparavant, par un certain... pierre laval – et sa sœur, puis envoyé au vél’ d’hiv par un policier, un de leurs voisins à vincennes. avec elle, il sera libéré, mais ses parents seront déportés à Auschwitz et n’en reviendront pas. C’est cette histoire qu’il raconte dans Jeudi noir, la seconde partie d’Opération étoile jaune. Depuis, Maurice Rajsfus n’a eu de cesse de dénoncer dans ses livres toutes les intolérances : le stalinisme, le fascisme et le nazisme. Concernant la période de l’Occupation, il a rédigé de nombreux ouvrages, dont : La Police de Vichy, Drancy, un camp de concentration très ordinaire, Les Français de la débâcle, De la victoire à la débâcle (Cherche Midi éditeur), 1942, l’Année terrible (Verticale) et La Rafle du Vél’ d’Hiv (PUF, Que sais-je  ?)

 

 

Le Statut des juifs de 1940. Extrait de Jusqu’au dernier. La Destruction des juifs d’Europe de William Karel et Blanche Finger (Zadig Productions).


Les rafles ont constitué la partie la plus visible de l’activité des policiers, durant les années de l’occupation. dès la publication des premières ordonnances nazies, il est évident que les forces de l’ordre consacrent une grande partie de leur temps au fichage puis à l’encadrement des juifs, bien avant que soit prise la décision de leur imposer le port de l’étoile jaune. Il faut procéder par étapes, estiment les nazis, et cette logique convient à nos policiers.
 

carte d'identité juif 1942

Depuis 1940, la mention « Juif » est apposée sur les cartes d’identité, la première des mesures discriminatoires : achats limités au créneau 15-16 heures, interdiction des musées, bibliothèques, stades, jardins, etc. Crédit Photo : Mémorial de la Shoah.


Faut-il recenser les Juifs, en octobre 194O ? La police est prête pour cette mission. Est-il décidé également d’ajouter le cachet qui se veut infamant sur les pièces d’identité, c’est la même disponibilité. Les Allemands  sont à Paris depuis quatre mois et, déjà, les policiers sont prêts à effectuer les premières missions raciales. Même, à l’Hôtel de Ville de Paris, on se préoccupe de cette nouvelle légalité dont les policiers sont les garants.

« ... L’administration militaire allemande de la ville de Paris a prescrit que, pour l’application de l’ordonnance sur le recensement des  Juifs, les cartes d’identité ou titres de séjour de ceux-ci recevraient la mention “Juif” ou “Juive”, apposée par cachet. En conséquence, tous les Juifs qui ont effectué leur déclaration dans les commissariats devront s’y présenter à nouveau, porteurs de leur carte d’identité ou titre de séjour, s’il s’agit d’étrangers, aux dates indiquées [...].Les Juifs de nationalité française qui ne seraient pas encore munis de la carte réglementaire devront se présenter avec leurs papiers d’identité et accompagnés de deux témoins garantissant l’exactitude de leur déclaration. » (Bulletin municipal officiel, 20 octobre 1940).

Cette mesure adoptée, les contrôles d’identité au faciès ne vont pas tarder à se multiplier. Malheur à celui, ou à celle, qui, ayant « le type », ne dispose pas d’une carte d’identité ornée de l’indispensable cachet : Parallèlement, les policiers sont chargés du bon déroulement de « l’aryanisation » du commerce et doivent vérifier, à cette fin, que les ordres des nazis sont bien respectés. le 25 octobre 1940, un avis de la préfecture de police prolonge la deuxième ordonnance nazie du 18 octobre 1940. Le préfet de police, Langeron, précise aux chefs d’entreprises juives qu’ils ont l’obligation de rédiger eux-mêmes leur déclaration, sous leur responsabilité, et de la déposer, avant le 31 octobre, au commissariat de leur quartier, ou de leur circonscription, dans les communes du département de la Seine. Par cette note, le préfet de police délègue ses pouvoirs aux commissaires de police des quartiers ou des communes.
 

mémento de la législation des questions juives

Mémento de la législation des questions juives à l’usage des maires et des brigades de Gendarmerie, extrait (1941).
Jusqu’au dernier. La destruction des juifs d’Europe (Épisode 3). Crédit Photo : © Archives départementales de la Savoie.


Il s’agit également, pour les policiers, de vérifier si les commerces juifs ayant pignon sur rue, ainsi que les étalages des marchands forains, ont bien apposé, en évidence, l’affichette imprimée en noir sur fond jaune, avec l’inscription, en français et en allemand : « Entreprise juive, Judisches Gechäft ». Les policiers sont très attentifs au respect de cette ordonnance nazie, particulièrement sur les marchés où ils ne cessent de patrouiller, l’œil suspicieux.

Cette surveillance active est illustrée par une note de service de la direction de la police municipale aux commissaires de police des quartiers de Paris et des circonscriptions de banlieue, ainsi qu’aux services spéciaux, le 13 mai 1941 :

« J’attire votre attention sur la nécessité d’aviser le service spécial chargé des questions juives (Direction des affaires administratives de la police générale) de toutes les affaires traitées dans vos services concernant les Israélites. En ce qui concerne les Israélites étrangers, il conviendra d’établir deux bulletins d’information : l’un adressé au service des étrangers, et l’autre au service spécial. Quant aux Israélites ressortissants français, il sera utile de préciser si les intéressés sont français ou protégés français. » [Ndla : la nuance est importante puisque les Juifs d’Algérie ont été déchus de la nationalité française, en octobre 1940, et réduits au statut de l’indigénat, donc « protégés »].

Les fichiers, mis au point en octobre et novembre 1940 par André Tulard et ses collaborateurs, sont rapidement opérationnels et, le 14 mai 1941, quelque 5000 juifs étrangers vivant à paris, intra muros, sont convoqués, pour « examen de situation », dans divers centres de regroupement, et immédiatement arrêtés par la police puis « confiés » aux gendarmes, qui vont les convoyer le jour même vers les camps d’internement du Loiret (Pithiviers et Beaune-la-Rolande).
 

juif avec étoile jaune

du 2 au 6 juin 1942, les juifs retirent dans les commissariats les étoiles jaunes qu’ils doivent coudre sur leur vêtement : 92 600 se plient à cette obligation dans le département de la Seine. Une vingtaine de Parisiens « aryens » solidaires sont arrêtés le 7 pour avoir porté l’étoile.
Jusqu’au dernier. La destruction des juifs d’Europe (Épisode 4). Crédit Photo : © CTK.


Cette première vague d’arrestations de masse, sur instruction précise, n’empêche pas les initiatives individuelles et les interpellations au hasard ou au faciès. D’un énorme dossier concernant les policiers blessés durant leur service – en fait « victimes du devoir » –, nous avons extrait cette main courante datée du 13 juillet 1941, à 23h30, au commissariat de police du 20e arrondissement de Paris :

« À 22h40, à la terrasse du café La Vielleuse, 132, boulevard de Belleville, une cinquantaine de jeunes gens chantaient des airs des camps de jeunesse [Ndla : il devait s’agir de chants du mouvement des Auberges de la jeunesse]. Un attroupement d’une centaine de personnes s’est formé, dispersé aussitôt à l’intervention de PJ et gardiens de service à proximité. Cinq arrestations pour refus de circuler. Mis à disposition du commissariat de Belleville. »

Suivent cinq noms de jeunes Juifs, dont celui de Henri Chlewitzki, né le 22 septembre 1915 à Paris, électricien [Ndlr : il s’agit de l’un des moniteurs de colonie de vacances de Maurice Rajsfus, en 1937, à l’île de Ré. C’était le frère du comédien Maurice Chevit]. Au cours de cette arrestation, qui avait dû être tumultueuse, un gardien de la paix était blessé à la tête.

Au fil des jours et des semaines, la traque se fait plus précise.  Lorsque la liberté des personnes n’est pas mise en cause, c’est leur vie quotidienne que l’on s’efforce de « pourrir », comme on dit en jargon policier. Le 13 août, une ordonnance nazie porte confiscation des postes de TSF appartenant aux Juifs. Ce sont les autorités allemandes qui promulguent ce nouvel édit mais les policiers français sont chargés de le faire appliquer.

Le texte du chef de l’administration militaire allemande en France stipule en effet :

« En vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés :

« 1) il est interdit aux Juifs d’avoir des postes récepteurs de TSF en leur possession ;

« 2) Les Juifs ayant des postes récepteurs de TSF en leur possession devront les remettre, jusqu’au 1er septembre 1941, contre récépissé, au maire (autorité locale de police) de leur domicile ou de leur résidence permanente ; dans le département de la Seine, à la préfecture de police ou dans les commissariats d’arrondissement... »

À l’échéance de cette décision, Tanguy, devenu directeur de la police judiciaire, relance les commissaires de police de Paris et de la banlieue :

« Suite à mon télégramme du 30 août écoulé, relatif au dépôt par les Israélites de leur poste de TSF, ce dépôt devra être effectué par eux, entre vos mains, avant demain 2 septembre 19 heures. Notez de fixer à chaque appareil une étiquette descriptive permettant l’identification ultérieure du déposant. »

Ainsi s’exprime cette volonté de harceler constamment cette frange de la population déjà marginalisée entre l’entreprise raciale nazie et la police française. L’épisode de l’affichette « Entreprise juive » n’a été que de courte durée et l’étape suivante consiste à « liquider » les commerces et entreprises juives. Le 3 octobre 1941, le commissaire de police du quartier du Père-Lachaise s’adresse au directeur des Renseignements généraux :

« J’ai l’honneur de vous faire connaître que je n’ai été saisi d’aucun incident provoqué par la liquidation des biens juifs parmi la population israélite, et qu’aucune arrestation n’a été opérée dans mon quartier au cours de la semaine écoulée. »

Repères

 

  • 3 octobre 1940 : premier Statut des Juifs.
  • 29 mars 1941 : création du Commissariat général aux questions juives.
  • 2 juin 1941 : deuxième Statut des Juifs.
  • 22 juillet 1942 : loi sur « l’aryanisation » des biens juifs.
  • 7 juin 1942 : port obligatoire de l’étoile jaune.

 


Dans le même temps qu’elle se fait le relais d’une répression rampante, la police juge indispensable de se conforter par des rapports censés donner une image de l’opinion publique, dont il est bien difficile, à cette époque, de connaître les sentiments authentiques. Un rapport des RG, daté du 4 octobre 1941, témoigne de ce que l’on pourrait définir comme une simple indifférence face au sort réservé aux Juifs :

« La généralité du public parisien n’aimait pas les Juifs, mais elle les tolérait. Les commerçants, surtout, souhaitaient être débarrassés des Israélites parce que ceux-ci leur faisaient une grande concurrence. En fait, les sévères mesures prises contre les Juifs par les Autorités allemandes et le gouvernement français n’ont pas soulevé de protestations dans la masse de la population mais beaucoup de gens trouvent excessif l’antisémitisme violent de la presse parisienne, laquelle dépasse, en effet, et de beaucoup, leur antipathie envers les Juifs. L’opinion de beaucoup de gens – particulièrement celle des milieux catholiques – est que les adversaires des Juifs généralisent trop et qu’à déchaîner un tel antisémitisme, on provoquera bientôt de regrettables excès. Ainsi, l’annonce des attentats commis hier contre les synagogues [Ndla : le 3 octobre 1941, des groupes d’extrême droite s’étaient attaqués à plusieurs synagogues de Paris, dont celle de la rue Vivienne] n’a-t-elle causé dans le public ni surprise ni émoi. “Cela devait Arriver”, entend-on dire avec une certaine pointe d’indifférence. »

Le 7 février 1942, avec la publication de la sixième ordonnance nazie, une nouvelle étape d’exclusion s’ouvre pour les Juifs de la zone occupée. La police française va pouvoir prolonger son activité répressive dans un domaine encore plus étendu. Le premier article de cette ordonnance limite les heures de sortie :

« Il est interdit aux Juifs d’être hors de leur appartement entre 20 heures et 6 heures du matin. »

L’article 2 stipule :

« Il est interdit aux Juifs de changer le lieu de résidence habituelle. »

Déjà, les Juifs de Paris et de la proche banlieue n’ont plus le droit de quitter le département de la Seine, et l’article 3 précise :

« Celui qui contreviendra aux dispositions de la présente ordonnance sera puni d’emprisonnement et d’amende ou de l’une de ces deux peines. En outre, le coupable pourra être interné dans un camp de Juifs. »

L’ordonnance est allemande mais c’est à la police française de l’appliquer. Tout comme se manifeste un acharnement tendant à démontrer que les Juifs sont les vecteurs du marché noir. En témoigne cette note du 20 mars 1942, sous la signature de Tanguy, directeur de la police judiciaire, à destination des commissaires de quartier, suite à la création, pour Paris et sa banlieue, d’une police spécialisée dans les répressions et fraudes.

« Dans les procédures de hausses illicites de prix, établies contre des Juifs, vous devez, en outre, relever toutes les infractions aux statuts des Juifs dont le délinquant aurait pu se rendre coupable. »

La volonté est forte d’aggraver la répression, et le même Tanguy réitère, le 27 mars 1942 :

« Je vous rappelle instruction de mon rapport du 13 novembre dernier concernant les Juifs, trop souvent perdue de vue. Lorsque des Juifs sont mêlés à des affaires judiciaires, vous devez examiner de près leur situation vis-à-vis des lois sur le Statut Juif. Relevez toutes infractions constatées telles que : exercice de profession interdite, entreprise juive, carte d’identité, etc. »

Un document daté du 22 avril 1942 nous permet d’établir clairement une partie du fonctionnement de la Direction des étrangers et des faires juives à la préfecture de police.

Sous la direction d’André Tulard, qui a fait son chemin depuis la constitution du fichier juif, à l’automne 1940, huit chefs et sous-chefs de service veillent à activer une répression qui ne doit pas être laissée à la seule Police aux questions juives créée par le Commissariat général aux questions juives. On s’intéresse, ici, à la réception et à l’examen des déclarations de personnes et de biens, des problèmes d’ordre concernant les Juifs, du fichier bien évidemment des statistiques, des contrôles périodiques, des internements ponctuels, des camps, etc.

Bien sûr, ce ne sont là que les cadres français de la répression antijuive mais il y a également une nombreuse piétaille qui s’affaire à toutes ces tâches, sur le terrain.

Avec le port de l’étoile jaune, imposé à partir du 7 juin 1942, interviendra une forme supplémentaire d’humiliation : l’obligation faite aux Juifs de ne prendre que la dernière voiture dans le métro parisien. Cette ségrégation particulière faisant l’objet de plusieurs courriers du préfet de la Seine, Charles Magny. Le 10 juin 1942, il informe de cette mesure le secrétariat d’État à l’Intérieur du gouvernement de Vichy et le Commissariat général aux questions juives, dans des termes identiques :

« Objet : conditions d’admission des Juifs dans le chemin de fer métropolitain.

« [...] L’autorité allemande a donné des instructions particulières à la Compagnie du métropolitain au sujet du transport des Juifs. Ces derniers ne peuvent dorénavant voyager, dans le métro parisien, qu’en deuxième classe et dans la dernière voiture des trains. La compagnie a diffusé, en conséquence, dans les gares et les stations, un ordre de service prescrivant aux receveurs de ne pas vendre de billets de 1re classe aux Juifs, aux surveillants du contrôle d’aviser les porteurs de l’insigne qu’ils ne peuvent voyager que dans la dernière voiture en 2e classe, aux gardes ou contrôleurs d’inviter poliment ceux qu’ils trouveraient de gagner la dernière voiture, à la prochaine station. Aucune affiche n’est apposée, aucun communiqué fait au public. Ces mesures ne constituent d’ailleurs que la mise à exécution d’un ordre de l’Autorité allemande, du 8 novembre 1940, concernant les nègres et les Juifs, ordre qui, en ce qui concerne ces derniers, n’avait pu être pratiquement observé faute d’un signe distinctif. »

Le 9 juin 1942, dans Le Cri du peuple, organe quotidien du PPF [Ndlr : Parti populaire français] de Jacques Doriot, le journaliste Roger Nicolas manifeste sa satisfaction pour cette « saine mesure qui réjouira tous les Français qui ont de bonnes raisons de ne pas coudoyer les frères de race de Blum et consorts ».

Viendra ensuite l’interdiction faite aux Juifs de conserver leur poste de téléphone et même, plus simplement, de téléphoner depuis une cabine.

Dans les premiers jours de juillet 1942, cette décision des autorités d’occupation est ainsi expliquée par la Délégation des transmissions :

« Le général Kersten a remis, le 6 juillet 1942, au secrétariat général des PTT, une note datée du 3 juillet 1942 demandant que toutes les mesures utiles soient immédiatement prises pour interdire aux Juifs, en zone occupée, l’usage du téléphone. Aux termes de cette note, les postes d’abonnement souscrits par des Juifs doivent être coupés ; l’accès des cabines publiques desservies par des agents des PTT doit être interdit aux Juifs. »

La police n’est peut-être pas impliquée dans cette autre mesure discriminatoire. Erreur. Quelques jours plus tard, le même général Kersten remet une note au secrétariat général des PTT, où il est stipulé :

« Il y a, à Paris, environ 380 000 abonnés au téléphone, d’une part, et environ 150 000 Juifs inscrits sur un fichier tenu par la préfecture de police, d’autre part. Pour avoir la certitude mathématique qu’aucun abonné juif n’échappe aux opérations de révision, il faudrait que la préfecture de police (qui seule peut disposer de son unique fichier) confronte sans erreur les noms des 380 000 abonnés de Paris avec ses 150 000 fiches de Juifs. »

Par ailleurs, un service d’interception du courrier est mis en place.

Il convient d’ajouter une dernière touche à ce véritable enfermement moral – et déjà physique – avant que se déchaîne une vague de rafles qui se poursuivront jusqu’à la libération de Paris. C’est la police qui est également chargée de faire respecter la 9e ordonnance nazie, datée du 8 juillet 1942. Le texte est bref mais sa teneur laisse place à toute interprétation possible. Dans un sens aggravant, bien sûr. Cette fois, les Juifs étant marqués, il s’agit de les exclure totalement de la vie de la cité :

« Il peut être interdit aux Juifs de fréquenter certains établissements de spectacle et, en général, des établissements ouverts au public.

« Les Juifs ne pourront entrer dans les grands magasins, les magasins de détail et artisanaux, ou y faire leurs achats, ou les faire faire par d’autres personnes, que de 15 à 16 heures. »

La formule, « il peut être interdit », prise dans un sens simplement restrictif est interprétée comme : « Il est formellement interdit ! », et la police rôde autour des théâtres, des cinémas, des salles de concert ou des musées, des bibliothèques, des champs de courses, des stades ou des piscines, etc. Ces lieux, désormais interdits, voient se multiplier les contrôles d’identité au faciès. Entrer inconsidérément dans un café peut conduire l’imprudent à Drancy...

également sur francetv éducation

couverture historia février 2015

Un dossier spécial en partenariat avec historia : l'éclairage du magazine sur la série documentaire de référence jusqu'au dernier. la destruction des juifs d'europe, réalisée par blanche finger et william karel : entretien avec paul rozenberg, producteur du documentaire, et commentaire de ses moments-clés ou méconnus par l'historien johann chapoutot, professeur à la sorbonne et grand spécialiste de l'idéologie nazie – une sélection d'articles extraits du no 818 du magazine historia et accompagnés d'extraits vidéo du documentaire.

En partenariat avec Historiahistoria







Le passé éclaire le présent.

 

 

Publié le 12/01/15

Modifié le 13/11/19

Retrouve ce contenu dans :