Vidéo : À l'origine du concours Miss France

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France Télévisions
Options06:43Publié le 15/10/2021

À l'origine du concours Miss France

Culture Prime

Si Geneviève de Fontenay est indéniablement la personnalité iconique du concours Miss France, le nom de Maurice de Waleffe, qui n’est autre que son créateur, semble être tombé dans l’oubli. Un personnage atypique aux idées bien différentes de celle que le concours met aujourd’hui en avant.

Le créateur controversé du concours Miss France

Maurice de Waleffe, né aux Waleffes dans la province de Liège en 1874, est un homme de lettres et journaliste belge qui arrive à Paris à l’âge de vingt ans pour faire carrière. Grâce aux relations de sa famille issue de la bourgeoisie, il parvient à s’intégrer à la haute société. Il se fait connaître pour ses positions parfois controversées, comme son appel à fusiller Jean Jaurès peu avant la Première Guerre mondiale, à obliger les veuves de guerre à adopter les orphelins, ou citant Benito Mussolini comme l’homme politique qu’il admire le plus en Europe, et qui le placent à la droite de l’échiquier politique français.

Un franc succès dès la première édition

En 1920, il lance le référendum de «  La plus belle femme de France », notamment pour redonner de la vigueur aux hommes revenus des champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Les photos de 1 700 candidates, sélectionnées par un jury presque totalement masculin, sont projetées dans les cinémas avant les films. Pour voter, il faut ensuite envoyer son bulletin par courrier. C’est un succès avec 234 757 votes, dont la majorité est en faveur d’Agnès Souret, une jeune femme de 17 ans du Pays basque, qui peut alors se lancer dans une carrière au cinéma et comme meneuse de revue. Maurice de Waleffe est furieux, lui qui a mis en place ce concours dans une vision machiste où la femme doit être belle et servir de faire-valoir à son mari.

Le développement du concours

Des valeurs « traditionnelles » qu’il mettra en avant cinq ans plus tard, lors d’une deuxième édition remaniée, avec une élection réalisée uniquement par un jury trié sur le volet. Une affaire qui devient lucrative pour lui, par exemple en facturant des dîners avec les candidates pour 150 francs, et qu’il décline en différents référendums, comme Miss Algérie, Miss Russie ou Miss Outre-Mer. Cependant, il refuse catégoriquement une éventuelle version masculine, déclarant à l’aube des années 1930 : « Jamais ! L’homme est une force en mouvement, tandis que la femme est une harmonie au repos. Et puis, quels hommes s’offriraient ainsi à nos suffrages ? Ce serait lamentable ! ».

Des valeurs aujourd’hui bien éloignées de celles de son créateur

La Seconde Guerre mondiale l’oblige à stopper le concours, qui ne reprendra qu’après sa mort en mars 1946. Aujourd’hui, le concours Miss France essaie de renvoyer une image de femme moderne et de féminisme bien loin des idées machistes et misogynes de son créateur, bien que la place qu’il donne aux femmes soit encore sujette à débat.

Producteur : Culture Prime

Publié le 15/10/21

Modifié le 19/11/21

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