Alphonse Daudet en Corse

Clin d'œil en Méditerranée
Publié le 25/03/19Modifié le 17/05/19

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Saviez-vous qu’Alphonse Daudet avait effectué en Corse un séjour qui marqua une partie de son œuvre ? Retraçons ensemble sa trépidante histoire.

Né à Nîmes en 1840, l’auteur méridional passe son enfance dans le Gard mais la ruine de son père brise une partie de ses espoirs. Désargenté et rêvant d’une carrière littéraire, le jeune homme décide à 17 ans de partir tenter sa chance à Paris. Mais avant de rencontrer la célébrité, la vie de bohème et surtout la fréquentation d’une jeune personne attachée à la cour de l’Impératrice Eugénie lui firent contracter la tuberculose et une forme sévère de la syphilis qui affaiblirent sa santé, l’obligeant entre autre à marcher avec des béquilles.

Dès lors pour se reposer, Alphonse multiplie les séjours dans le sud et découvre la Corse en 1862. Il n'est pas encore un auteur reconnu mais pour faciliter son séjour, un conseiller du Préfet se charge tout de même de lui ouvrir de nombreuses portes dans l’administration et de quelques grandes familles. Le jeune homme tombe alors amoureux de l’île et le souvenir qu’il gardera de la Corse lui inspirera de merveilleuses pages. Ainsi, dans une note adressée à son ami Dominique Mistral, il évoque le bonheur de son séjour au phare des Îles Sanguinaires où il partagea la vie des gardiens, admirant le spectacle de la mer parfois démontée en écoutant le récit de la vie rude de ces hommes.

Des œuvres littéraires inspirées de la Corse 

Comme cette fois, où l’un d’eux tombé raide mort un soir, ne put être enterré tant la terre était gelée. Il en tirera l’une de ses lettres, « Le phare des Sanguinaires ». Une autre de ses nouvelles « L’agonie de la Sémillante » lui est inspirée par son émotion alors qu’il visite le cimetière du bateau naufragé : 702 hommes y sont décédés, 7 ans plus tôt dans le détroit de Bonifacio.

Enfin, partageant la vie de douaniers à l’occasion d’un voyage aux îles Lavezzi, il témoigne de la dignité de ces hommes devant la rudesse de leurs métiers dans un récit sobrement intitulé « Les douaniers ».

Manquant de tact en caricaturant quelques personnages dans son roman « L’immortel », il fut navré que ses intentions aient été mal interprétées et rendit quelques années plus tard, un vibrant hommage à la Corse : « Il y a trente-trois ans, quand je suis allé en Corse, j’y ai reçu de tous un accueil affectueux que je n’ai pas plus oublié que l’admirable paysage enveloppant nos courses sur terre et sur mer. Ha le beau pays, ha les bonnes gens. »

Malgré son souhait d’y retourner, Alphonse Daudet décédera peu de temps après cette lettre sans avoir pu revoir les paysages qui l’avaient tant inspiré.

Réalisateur : Laure Coeroli Fernandez

Nom de l'auteur : Anne-Laure Gérôme

Producteur : France 3 Corse ViaStella

Diffuseur : France 3 Corse ViaStella

Année de copyright : 2018

Année de production : 2018

Année de diffusion : 2018

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