Vidéo : Boutros-Ghali : un siècle d'histoire africaine

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France Télévisions
Histoire05:29Publié le 17/09/2010

Boutros-Ghali : un siècle d'histoire africaine

Afrique(s), une autre histoire du XXe siècle

Dans cette vidéo issue d'une série de onze interviews inédites réalisées à l'occasion du tournage de la série documentaire d'Alain Ferrari Afrique(s), une autre histoire du XXe siècle, l'homme d'Etat et diplomate égyptien Boutros Boutros-Ghali dresse le bilan d'un siècle d'Histoire africaine. Il partage ici son regard optimiste de l'Afrique, tout en étant visionnaire sur les futurs problèmes du continent.

Il faut donner du temps à l'Afrique

L'Afrique est passée de 3 à 53 Etats en 20 ans. Une cinquantaine d'Etats où résident moins de 10 millions d'habitants, ce qui implique une faiblesse intrinsèque du continent africain. Et si son développement est long à résoudre, c'est parce qu'il est très ancien et ancré dans l'Histoire de l'Afrique. Mais pour Boutros-Ghali, tout est relatif et le progrès est en route. Lentement, mais surement. Selon lui, si le contient africain a longtemps été considéré comme un réservoir à esclaves, la perception et le regard que lui portent les autres pays du monde ont changé et progressé.

Néanmoins, l'opinion internationale juge que le développement politique, économique et démocratique de l'Afrique n'est pas aussi rapide que celui de l'Europe. Et à tous ceux qui pensent cela, Boutros-Ghali répond qu'ils se trompent. Que l'Union européenne ne s'est pas faite en un jour, mais en trois guerres. Que l'Amérique latine qui connaît davantage de conflits que n'en subissent les pays africains, a obtenu son indépendance il y a près de deux siècles, tandis que l'Afrique a gagné la sienne il y a un demi siècle seulement. Pour le diplomate égyptien, il faut donc donner du temps au temps, et changer son regard sur l'Afrique pour constater en fait son progrès constant.

Un visionnaire optimiste, et précurseur

Si Boutros-Ghali se montre plutôt optimiste, il se veut tout autant précurseur et alerte déjà sur les futurs problèmes que rencontrera l'Afrique très prochainement. Pour lui, l'un des conflits majeurs sera celui de l'eau. Il touchera l'Afrique du Nord, l'Afrique Centrale et l'Afrique du Sud. Autrement dit, l'eau pourrait être la source d'une scission au cœur même du continent. S'y ajouteront des pandémies et le changement climatique, qui toucheront beaucoup plus l'Afrique que les autres continents du fait d'un manque de moyens technologiques considérable.

L'Afrique, conclut Boutros Boutros-Ghali, paiera donc le prix de la crise et sera freinée dans sa course au développement.

Producteur : Temps noir

Publié le 17/09/10

Modifié le 02/10/20

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