#DarkTourism : devoir de mémoire ou voyeurisme ?

ZOOM, la série qui décrypte les hashtags en 1 min 30
Publié le 16/09/19Modifié le 07/11/19

Sur le même sujet

Le Dark Tourism, ou tourisme noir, a le vent en poupe depuis la diffusion de Narcos sur Netflix ou encore Chernobyl sur HBO... Le Dark Tourist est attiré par des lieux associés à la mort, à la violence, au macabre. Mais peut-on se balader à Tchernobyl, se prendre en photo en équilibre sur les rails conduisant au camp de concentration d’Auschwitz, mimer un prisonnier dans la prison d’Alcatraz ? Ou cette nouvelle tendance touristique est-elle une opportunité de sensibiliser le public à certains drames du passé ? Pour tout capter, Zoom vous en dit plus.

Dark Tourism, qu'est-ce que c'est ?

Selfie, shooting mode, propos déplacé... Des photos de certains touristes font débat. Pourquoi ? Elles montrent des personnes dans des attitudes peu respectueuses du lieu dans lequel elles ont été prises : par exemple, un jeune homme montrant ses muscles à Tchernobyl... là où la castatrophe nucléaire la plus mortelle de l'histoire a eu lieu, il y a 33 ans. Un drame qui, pour beaucoup et notamment pour les associations de victimes, ne doit pas être commémoré ainsi.

Une nouvelle pratique touristique inspirée des séries ?

Depuis la sortie de la série Chernobyl sur HBO en juin 2019, le nombre de touristes et influenceurs a explosé. En quelques mois, certains tours-opérateurs ont noté une augmentation de leurs réservations de 40 %. Mais le phénomène n'est pas nouveau. Cette forme de tourisme s'était déjà développée à New York, avec les attentats du 11-Septembre et le Ground Zero ou encore à la Nouvelle-Orléans, après le passage de l'ouragan Katrina... Mais ces lieux liés à une catastrophe n'ont jamais été si populaires avec les réseaux sociaux, notamment Instagram, et la diffusion de séries historiques.

Quelle est la limite entre devoir de mémoire et voyeurisme ?

Le phénomène du tourisme noir inquiète, d'autant plus qu'il est difficile à contrôler. Face aux excès et aux prises de risques de plus en plus récurrents de certains touristes, certaines institutions doivent rappeler que des événements tragiques sont liés à ces lieux. Par exemple, le musée d'Auschwitz écrit sur Twitter que plus d'un million de personnes sont mortes dans ce camp de concentration, et la ville de Medellín a même choisi de détruire la maison de famille de Pablo Escobar, très prisée des touristes, pour effacer les stigmates laissés sur la ville par le célèbre trafiquant de cocaïne et lutter contre le narco-tourisme.

Producteur : Jean-François Peralta / France.tv Studio

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Année de diffusion : 2019

Voir plus

Retrouve ce contenu dans :