#Dépression : des mots sur des maux

ZOOM, la série qui décrypte les hashtags en 1 min 30
Publié le 28/11/19Modifié le 29/11/19

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On estime que 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans souffriraient de dépression en France*. Un chiffre important qui mobilise associations et organismes. Mais depuis quelques temps, les ados se sont emparés du sujet et l’on assiste à une certaine libération de la parole. Parler de ses troubles dépressifs et plus généralement, de sa santé mentale, n’est plus aussi tabou qu’à l’époque. Célébrités, youtubers et autres acteurs du Web n’y sont pas pour rien… On passe le sujet à la loupe dans Zoom.

Comment libérer la parole ?

« J'étais seule, mais à un point inimaginable. Je ne croyais plus en moi, j'avais l'impression d'avoir aucun avenir, de ne jamais pouvoir réussir mes projets. J'avais l'impression d'être nulle, et je sentais qu'à tout moment, je pouvais faire n'importe quoi. J'avais des pensées tellement noires. Ça ne me ressemblait pas. Fallait vraiment que j'aie un soutien. »

Ce que cette youtubeuse décrit, ce sont des symptômes de dépression. En France, on estime que 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans en souffrent. Des associations, des centres d'accueil et des numéros spéciaux existent depuis des années. Mais comme Lou, de plus en plus de jeunes se servent des réseaux sociaux pour parler de leurs troubles. Posts Facebook, discussions Twitter, vidéos face-caméra sur YouTube... La parole semble se libérer. Longtemps taboue, la dépression est désormais un vrai sujet partagé et commenté.

Le rappeur Kid Cudi, la chanteuse Ariana Grande ou  encore l'actrice Cara Delevingne... Ces 10 dernières années, plusieurs célébrités ont assumé être malades. 

Dr Jean-Victor Blanc, psychiatre et auteur de Pop & Psy : « Il y a une meilleure prise de parole et un regard quand même sur notre société qui commence enfin à changer sur la question, notamment parce qu'il est porté par l'avant-garde de la culture pop et notamment par les personnes extrêmement suivies sur les réseaux sociaux par les ados. Ça améliore la prise de parole des ados mais aussi, ça permet de déculpabiliser vis-à-vis des troubles. »

Dans ma tête, Skam, Mental... Des fictions et des documentaires parlent aujourd'hui de la dépression et des troubles mentaux chez les ados. Marine Maugrain-Legag, coscénariste de Mental : « On ne voulait absolument pas faire du spectaculaire et être dans une représentation de la folie qui serait cliché en prenant les patients comme objets. Alors qu'on en fasse des victimes ou qu'on en fasse des gens terrifiants, nous, ce qu'on voulait, c'était vraiment comprendre pourquoi ça va mal, comment on fait pour gérer ça, comment on demande de l'aide, tout en essayant de démontrer qu'il n'y a pas de distinguo à faire entre ce qui serait la maladie mentale pure et simple et une normalité absolue. »

Victor Lockwood, coscénariste de Mental : « Et on espère aussi que la série soit une espèce de plateforme où les spectateurs peuvent s'emparer de la question et en discuter entre eux et, le cas échéant, aller chercher l'aide qui existe donc, notamment dans le cadre d'instituts pédopsy. »

Et ces contenus marchent ! Trop souvent, ces maladies sont méconnues et entourées de clichés. Pour casser les mythes, des médecins, des psychotérapeutes ont lancé des chaînes YouTube : Le PsyLab, PsyCouac... Elles expliquent la dépression et les angoisses de façon simple. Un autre moyen pour encourager la parole et éviter les drames.

* Source : (HAS, 2014)

Producteur : Jean-François Peralta / France.tv Studio

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Année de diffusion : 2019

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