Vidéo : L'addiction de l'Amérique aux énergies fossiles

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France Télévisions

L'addiction de l'Amérique aux énergies fossiles

Climat, une guerre américaine

L’addiction de l'Amérique aux énergies fossiles est colossale. Elle est économique et culturelle. L’énergie abondante et bon marché est pour chaque Américain un droit quasi constitutionnel et elle est aussi sociale.  Une quinzaine d'états dépendent de l'exploitation des énergies fossiles qui font vivre des millions de famille. Le G7 qui réunit à Toronto les 7 premières puissances industrielles mondiales met le climat à l'ordre du jour au grand dam de Reagan qui y voit une nouvelle lubie des écolos.

Création du GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat 

Le G7 signe l’acte de naissance du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat : le GIEC, acronyme américain IPCC (Intergovernmental Panel on Climat Change) dans lequel la science américaine va jouer un rôle majeur pour rendre compte de la quantité de CO2 dans l'atmosphère.

Les scientifiques ont l'habitude d'utiliser une unité de mesure : la partie par million ou « PPM » qui indique le nombre de molécules de CO2 pour un million de molécules d'air. Avant l’époque industrielle, la quantité de CO2 n’a jamais excédé 300 PPM. En janvier 1979 la concentration de CO2 mesurée au-dessus d'Hawaï est déjà au niveau inédit de 336 PPM. Treize ans plus tard, elle atteint désormais 360 PPM.

Bill Clinton et Al Gore entrent en scène

Laminé par la révolution néoconservatrice, les démocrates entendent bien reconquérir la Maison Blanche grâce à un jeune tandem. Le président Bill Clinton a décidé de s'occuper de la question climatique et des émissions de CO2 aux États-Unis sous l’impulsion du vice-président Al Gore. Les démocrates proposent de faire sauter un tabou : taxer enfin l'énergie consommée par les Américains afin de les inciter à plus de sobriété.

Bill Clinton dévoile le projet de taxe énergie en février 1993, mais cette proposition va rendre les Américains fous de rage jusque dans les rangs démocrates.

Et le président Clinton doit finir par l’abandonner… Trop tard toutefois pour éviter de subir une raclée mémorable aux élections de mi-mandat. Les républicains remportent la majorité à la Chambre des représentants qui était aux mains des démocrates depuis 42 ans. Tous les représentants démocrates qui ont soutenu le projet de taxe énergie ont perdu leur siège. Quant au Parti républicain, il a supprimé pour la première fois toute référence à l’environnement dans son programme. La question climatique vient de balayer le consensus traditionnel entre républicains et démocrates autour de la protection de la nature. Pendant ce temps, de part le monde, la courbe de Keeling continue son inexorable ascension.

Le protocole de Kyoto signé par Al Gore

En juin 1995, le GIEC rend un rapport alarmiste sur l'évolution du climat. Il est au centre de la conférence internationale sur le climat de Kyoto. L'Union européenne propose de réduire de 15 % ses émissions de CO2 en 10 ans… Objectif irréaliste pour la Maison Blanche qui ne veut que s’engager à ne pas les augmenter. Cependant après d'âpres négociations, le vice-président Gore se rend au Japon et signe le protocole de Kyoto qui engage les USA à réduire leurs émissions de 7 %.  Mais le Sénat réagit en interdisant la ratification d'un traité qui causerait des dommages à l'économie américaine… Ainsi, le protocole de Kyoto n'entrera jamais en vigueur aux États-Unis.

Réalisateur : Cédric Tourbe

Producteur : La Générale de Production

Année de production : 2020

Publié le 15/01/21

Modifié le 15/01/21

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