Vidéo : L’économiste Thomas Piketty triomphe aux États-Unis

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RFI
Sciences économiques et sociales03:18

audio - L’économiste Thomas Piketty triomphe aux États-Unis

Les théories et pensées économiques

Son livre fait un tabac dans les librairies américaines. L’économiste français Thomas Piketty triomphe aux États-Unis avec son essai Le Capital au XXIe siècle. Quelle théorie défend-il ?

Comment s’explique le triomphe de l’économiste français Thomas Piketty aux Etats-Unis ?

C’est un succès foudroyant, si bien que son livre épuisé est en cours de réimpression. Sa recette ? Avec des références assumées à Karl Marx, il préconise et défend une proposition révolutionnaire d’impôt mondial sur les fortunes.

Non seulement il est lu, mais l’économiste français a également été reçu dans des endroits prestigieux comme le FMI ou même à la Maison Blanche et bien sûr invité par de nombreux médias. Thomas Piketty rappelle que c’est aux États-Unis qu’a été inventé l’impôt progressif sur le revenu, les Américains doivent donc retrouver un peu d’eux-mêmes dans cet ouvrage qui compile les données sur l'évolution des revenus à travers le monde entier pendant deux siècles, et son discours sur l'accroissement desinégalités de revenus correspond aussi au vécu actuel des familles américaines.

L’accroissement des inégalités aux Etats-Unis

5% des Américains les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 40 à 60 000 dollars entre 1980 et 2010, pendant que les 5% des plus pauvres sont passés sous la barre des 5 000 dollars. Ce fossé élargi en gouffre est devenu tellement préoccupant qu'il est devenu un sujet de débat politique. L'accroissement des inégalités fait mal dans l’électorat démocrate parce qu’il pénalise les classes moyennes.

Nouveauté mise en lumière par la toute dernière étude mondiale sur le revenu des classes moyennes, la famille américaine de classe moyenne a été supplantée par la famille canadienne. Une des raisons plausibles ? Dans cet autre pays d’Amérique, les revenus de la classe moyenne ont progressé de 20% depuis 2000, tandis qu’ils ont fait du sur place aux États-Unis. Les revenus des Canadiens comme celui des Britanniques ou des Irlandais se sont nettement améliorés en partie grâce à la redistribution. Mais aux États-Unis, le transfert de richesses est bien moins efficace, et la crise a au contraire aggravé les inégalités.

L’American dream n’est plus ce qu’il était… les Américains ont peut-être trouvé en Thomas Piketty celui qui explique leurs angoisses et surtout qui a un remède avec la création d'un impôt mondial sur les grandes fortunes.

Se résoudre à taxer la richesse aux États-Unis ?

En règle générale, c’est assez mal vu. les Américains vénèrent ceux qui réussissent grâce à leur travail ou à une idée géniale. En revanche, ils ont une piètre opinion des rentiers ou des héritiers chanceux.

Ce qui plait dans l’étude de Thomas Piketty qui travaille depuis dix ans sur les inégalités, c’est qu’il fait un distinguo entre les revenus du travail de ceux du patrimoine. L'économiste démontre qu'en période de crise, les revenus du patrimoine croissent plus vite que les revenus du travail. Pour quelle raison ? Les intérêts rapportés par un capital qu'il soit sous forme de portefeuille ou de biens immobiliers sont supérieurs au taux de croissance, ce dernier restant plat voire négatif en période de crise. Ceci explique le grand écart entre les plus pauvres et les plus riches.

La lutte contre les inégalités via la redistribution passe donc par un impôt accru sur le patrimoine plutôt que sur le revenu. C’est cette idée qui est acceptable, voire même séduisante pour la classe moyenne américaine.

 

Photo : © Yvan Couronne / AFP

Nom de l'auteur : Dominique Baillard / Aujourd’hui l’économie

Producteur : RFI

Année de copyright : 2014

Publié le 19/02/21

Modifié le 24/02/21

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