Vidéo : « Le Canard » et « Une fourmi », de Philippe Hersant (2013)

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Arts et culture05:13

« Le Canard » et « Une fourmi », de Philippe Hersant (2013)

La faunothèque

Chez les Français, le canard fait « coin coin ». Pour les Anglais, il fait « couac couac » ou encore « coua coua ». Philippe Hersant, compositeur contemporain, donne une autre version du bruit du canard. Puis, il nous évoque aussi en musique une rencontre avec une fourmi. Démonstration avec la pianiste Célimène Daudet et rencontre avec le compositeur Philippe Hersant.

Comment illustrer la démarche et le son particulier du canard en musique ?

Dès le début de la pièce Le Canard, Philippe Hersant évoque l’eau de façon très douce. Le son et le déplacement des doigts sur le clavier font penser aux ondes à la surface de l’eau après le passage d’un canard. Mais, le bruit du canard vient casser ce décor harmonieux.

 

Pour illustrer le son nasillard du canard, le compositeur a choisi des accords dissonants. Il répète ce motif. De cette manière, il suggère aussi sa démarche maladroite au bord de la rive.

Comment jouer au piano le déplacement d’une fourmi ?

Philippe Hersant a choisi de composer « Une fourmi » de manière très courte : 36 secondes. Mais attention, il s’y passe énormément de choses ! En haut de sa partition, le compositeur écrit : « En plein jour, j’ai vu une fourmi, et cette nuit elle me hante ».

Le morceau est composé de deux parties : le jour et la nuit. La première commence par l’insecte : sur deux secondes, Philippe Hersant nous fait entendre un petit animal qui se déplace vite. Puis, les quatre mesures suivantes évoquent un effet de grouillement. Les fourmis sont nombreuses. Pour créer cette sensation, la main droite et la main gauche jouent presque la même chose, mais avec de légers accélérés et de légers ralentis. Sur la partition, c’est écrit : accelerando, rallantando.

Comment évoquer une fourmi qui hante ?

Puis, un aspect mystérieux intervient. On entre dans la deuxième partie, celle de la nuit durant laquelle le compositeur est hanté par cette fourmi. La fourmi est alors représentée par un ostinato, un mouvement mélodique et rythmique qui se répète. Le compositeur fait d’ailleurs entendre deux ostinatos, proches mais différents, joués par la main gauche et la droite. C’est cet aspect répétitif et dissonant qui offre à l’insecte, ou plutôt à son souvenir, son côté obsédant…

Quelle technique musicale pour les petits bruits dans la nuit ?

Pour évoquer la nuit, le compositeur ralentit le rythme de la musique, et invite le pianiste à utiliser la pédale, afin de faire résonner les cordes du piano. On imagine le compositeur dans une maison où chaque petit bruit de la nuit résonne. Se souvenir de cette fourmi, c’est lui donner de l’importance, il faut donc que ça s’entende !

La pédale amplifie le son, et la fourmi prend alors des proportions incroyables… Jusqu’à ce que … silence ! Philippe Hersant écrit sur la partition qu’il souhaite qu’elle s’achève après 4 secondes de silence. C’est comme si notre personnage s’était endormi, comme si la fourmi avait cessé de le hanter… 

 

 

Découvre aussi « Le Vol du bourdon » dans laquelle le compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov met aussi en scène un animal.

Réalisateur : David Unger

Nom de l'auteur : David Unger ; Théo Ould

Producteur : Le Grizzly; Radio France

Année de copyright : 2020

Publié le 06/10/20

Modifié le 13/10/20

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