Vidéo : Les Business School doivent-elles s’adapter à la quête de sens des nouvelles générations ?

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RFI
Orientation48:30Publié le 04/08/2021

audio - Les Business School doivent-elles s’adapter à la quête de sens des nouvelles générations ?

Etudes et emplois

Grandes écoles de commerce, HEC, ESSEC, EDHEC... leur objectif est de former des managers efficaces pour les entreprises. Leurs filières (finances, marketing, conseil, audit...) sont en accord avec un système qui rime avec croissance, rentabilité et économie de marché. Pourtant, ce modèle fait-il toujours rêver ? Comment concilier les attentes des futures élites face aux impératifs du changement climatique, qui plus est dans un contexte de pandémie. Dans l’émission d’Emmanuelle Bastide 7 milliards de voisins et de voisines, invités et anciens élèves témoignent de leurs formations et de leurs parcours professionnels. 

Entre formation et formatage, la voie des Grande écoles 

  • Entrées sélectives : Le parcours classique est la classe préparatoire, mais certaines Grandes écoles proposent des programmes d’égalité des chances. Il existe encore peu d’ouvertures sociales, mais on a la possibilité de faire une admission parallèle, sur entretien. Là encore, la sélection est sévère.
  • Aide du réseau, des alumni, pour développer l'expérience professionnelle, trouver des stages... certains chiffres sont annoncés sur les sites de écoles : 75 % trouvent un emploi en moins de 6 mois, 86 % des élèves sont recrutés, parfois même avant la fin de leurs études.
  • Les ombres au tableau : sans projet professionnel bien défini, les cours manquent de contenu éducatif. Les enseignements sont professionnels et ont peu d’exigences conceptuelles, selon un invité. Là encore le spectre du chômage des diplômés conforte une culture de l’entre-soi, par habitude. L'adhésion aux valeurs partagées est aussi évoquée, qui peut passer par la violence du bizutage, le sexisme, les soirées.
  • Une dette qui peut s’alourdir. La scolarité n'est pas toujours associée à des programmes de bourses étudiantes. Le financement des études peut se faire via un prêt. Pour un emprunt de 40 000 euros, il faut rembourser près de 700 euros par mois, pendant 8 ans, et ce quel que soit le résultat des examens.

Une réorientation nécessaire 

  • L'économie sociale et solidaire. Un secteur porteur, parlant d’inclusion, de transition écologique, d’innovation sociale. C’est possible d’avoir un salaire correct, mais loin de ceux de la finance. Cela peut correspondre à une prise de conscience de la jeunesse, qui ne souhaite plus être en décalage avec la société. L’avenir confirmera ou non ce mouvement contre le capitalisme néolibéral. Aider des projets concrets : pour un entrepreneur de quartier qui peine à trouver les financement (freins bancaires, sélection par le niveau de diplôme et le parcours scolaire), l'économie sociale et solidaire peut-être un appui réel.
  • Reprendre ou créer une entreprise. Une vision différente de l’industrie, en complément d’une expertise métier. Lancement d’un nouveau concept de boulangerie, par un ancien diplômé d’HEC et de ses associés, boulangers en reconversion professionnelle. La caution bancaire est facilitée surtout grâce au niveau de diplôme et à la connaissance du système entrepreneurial.

La lente évolution des Grandes écoles  

La lettre ouverte des étudiants à l’industrie pétrolière, la Lettre ouverte à HEC... Autant de messages forts envoyés par les étudiants qui veulent être en phase avec leurs engagements et leur positionnement environnemental et écologique. Parce que la société civile avance plus vite que les entreprises, les Grandes écoles commencent à développer des programmes de plus en plus tournés vers le Share impact, la RSE, le développement durable... mais reste à savoir quels en seront les messages, les échos auprès des entreprises et les débouchés réels.

 

Les invités :  

  • Maurice Midena, journaliste, passé par Audencia Business School, auteur de Entrez rêveurs sortez manageurs, Cahiers Libres - éditions La Découverte.  
  • Hayatte Maazouza : qui a rejoint Positive Planete, une ONG fondée par Jacques Attali, diplômée de l’EDHEC.
  • Emmanuel Gunter, co-fondateur de The French Bastards boulangerie, diplômé de HEC.  

Photo : © EDHEC Business School

Nom de l'auteur : Emmanuelle Bastide / 7 milliards de voisins

Producteur : RFI

Année de copyright : 2021

Publié le 04/08/21

Modifié le 16/09/21

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