Les pleureuses : ces femmes qui pleurent les défunts

Clin d'œil en Méditerranée
Publié le 01/11/19Modifié le 31/10/19

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Les pleureuses ont pour mission de verser des larmes sur commande. Généralement féminines, ces professionnelles sont engagées par les familles endeuillées pour feindre le chagrin lors des funérailles. L’objectif étant de rendre un hommage extrême à un personnage dont on veut souligner l’importance et la notoriété. Explications.

De quand date cette profession ?

Pleurer, se lamenter de la mort d’un inconnu et faire son éloge est un très vieux métier puisqu’il est attesté sur un bas-relief égyptien de 1330 av. J.-C. L’Antiquité gréco-romaine nous a également laissé de nombreux témoignages écrits et des représentations picturales de ce chagrin factice. Mais la pratique serait plus ancienne encore, et de nombreuses sociétés animistes et polythéistes du bassin méditerranéen et de l’Afrique du Nord y furent longtemps attachées.

Mais en quoi consiste exactement ce métier ?

Aux côtés des membres de la famille et des amis, ces professionnelles de la tragédie avaient pour mission d’accompagner le défunt jusqu’à sa tombe, en feignant bruyamment une tristesse exacerbée : pleurs, cris, sanglots, larmes et griffures. Tout était permis pour donner du défunt l’image d’un être chéri de tous, que personne ne pourrait jamais remplacer et qui manquerait cruellement à la communauté.

Pleureuse : une profession toujours d’actualité ?

Comme cela fut le cas avec de nombreuses autres coutumes populaires, les religions monothéistes ont longtemps lutté contre ce folklore et ont tout fait pour que ces pratiques cessent. De fait, si on pouvait encore entendre les plaintes des pleureuses en France jusqu’au milieu du XXe siècle, elles sont depuis muettes. Malgré tout, la pression n’a pas suffi à les faire toutes disparaître, et les pleureuses continuent parfois d’accompagner les défunts au tombeau. En Italie, en Espagne, en Sardaigne, en Corse, dans certaines régions du Maroc et sûrement ailleurs, la tradition s’est en effet muée en patrimoine. Ainsi, le 21 août 2015, le centre de Rome fut bloqué par le carrosse gothique d’un chef mafieux tiré par six chevaux. Sur sa route, de part et d’autre, des dizaines de pleureuses qui accompagnaient le cortège funéraire se faisaient l’écho de la douleur de ses proches et vantaient les louanges du cher disparu, à la plus grande surprise des habitants et des médias !

Les pleureuses sont encore très actives dans certaines parties du globe. C’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique où ce surprenant métier est encore bien présent. En Inde, à Taïwan, comme en Chine, l’arrivée de la pleureuse prend des allures de véritable spectacle !

Réalisateur : Laure Coeroli Fernandez

Nom de l'auteur : Anne-Laure Gérôme

Producteur : France 3 Corse ViaStella

Diffuseur : France 3 Corse ViaStella

Année de copyright : 2018

Année de production : 2018

Année de diffusion : 2018

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