vidéo suivante

Contenu proposé par

France Médias Monde
sso_title
sso_description
Histoire03:37

L'insurrection malgache de 1947

RFI

29 mars 1947, l’insurrection malgache contre les colons français éclate. A Moramanga, dans l’est de Madagascar, près de 2 000 hommes attaquent des postes de gendarmerie.

Contre la colonisation française

Deux heures plus tôt, la révolte embrasait Manakara et sa région, sur la côte est de la Grande île. Combats et sabotage se multiplient. En différents points de l’île, les insurgés coupent les voies ferrées et les lignes électriques. Des ponts sont détruits. Certains Français exécutés. Le 30 mars, les insurgés contrôlent un sixième de l’île. Le 30 mars, les insurgés contrôlent un sixième de l’île. A Antananarivo, la capitale, la colère gronde aussi. Une manifestation contre la colonisation française éclate devant la résidence du gouverneur général. Jacques Rabemananjara est l’un des fondateurs du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM). Les autorités coloniales accusent son parti d’être à l’origine de l’insurrection. Pourtant les chefs du parti ont tout de suite désavoué l’insurrection. Ils sont dénoncé ses « crimes barbares ».

Boto Tale est l’un des chefs de l’insurrection. Les insurgés s’opposent au principe d’une autonomie par étape voulu par le MDRM. Contre ces quelques 20 000 rebelles, la répression des Français est impitoyable : tortures, exécutions sommaires, villages incendiés, suspects lâchés vivants d’un avion en vol. L’épisode le plus féroce est celui du train de Moramanga. Le 5 mai 1947, les militaires français reçoivent l’ordre de tirer sur trois wagons où sont enfermés 166 Malgaches.

Répression et « pacification »

Très vite, le gouvernement français envoie des renforts pour écraser l’insurrection. Les troupes sont sous les ordres du général Pellet. En tout, ce sont 18 000 soldats de l’armée française qui sont envoyés, essentiellement des tirailleurs sénégalais. En août 1947, l’insurrection commence à s’essouffler. Elle est vaincue en décembre 1948. Des chefs désavoués s’enfuient, d’autres sont tués ou capturés. Le bilan humain de l’insurrection fait polémique. Selon des chiffres officiels français, la « pacification » aurait fait 89 000 victimes malgaches. L’historien Jean Fremigacci parle d’environ 10 000 morts.

Affamés, démoralisés, les groupes de rebelles (hommes, femmes et enfants) sortent, un à un, de la forêt. Des chefs rebelles ramènent les habitants dans les villages. L’écrasement des rebelles tient à leur dénuement militaire. Les chefs des insurgés déposent leurs sagaies. Après la reddition, les chefs des villages sont interrogés. En octobre 1948, le procès de Joseph Raseta, Joseph Ravoahangy et de Jacques Rabemananjara, fondateurs du MDRM, s’ouvre à Antananarivo. Les deux premiers seront condamnés à mort, le troisième, aux travaux forcés à perpétuité. Ces peines seront commuées en prison à vie.

Nom de l'auteur : Laetitia Bezain

Producteur : RFI

Année de copyright : 2017

Publié le 11/12/19

Modifié le 27/02/20

arrow
voir plus

Ce contenu est proposé par