Vidéo : La politique monétaire non-conventionnelle

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Sciences économiques et sociales05:56

La politique monétaire non-conventionnelle

Les clés de l’éco – Citéco – Cité de l’économie

Comment la crise financière de 2008 a amené la banque centrale à revoir ses positions et adapter sa politique monétaire ? 

Qu’elle soit non-conventionnelle ou conventionnelle, c’est d’abord une politique monétaire. Depuis les années 80, l’objectif premier de la politique monétaire est de maintenir une hausse des prix à un taux stable d’environ 2 % par an. Et la confiance dans cette monnaie est préservée.

Qui orchestre la politique monétaire ?

C’est la banque centrale. Chaque espace économique en a une : en zone euro, la BCE, aux Etats-Unis, la FED. On l’appelle aussi la banque des banques, parce que toutes les banques commerciales ont un compte à la banque centrale. Et être la banque des banques est la meilleure place pour orchestrer la politique monétaire, car les banques commerciales, via leur compte à la banque centrale, soldent entre elles les opérations de leurs clients. Et les clients, c’est nous, les ménages et les entreprises.

C’est pour cela que la banque centrale veille à ce que les banques commerciales ne soient pas à court de liquidités pour répondre à nos besoins. Elle garde un œil sur les prêts que les banques se font entre elles. Et c’est là qu’une banque centrale met en place sa politique monétaire conventionnelle.

Mais il y a un avant et un après 2008, crise financière.

Avant 2008, la banque centrale mène une politique conventionnelle qui repose sur le taux directeur, c’est-à-dire le taux d’intérêt que la banque centrale applique aux prêts octroyés aux banques commerciales, qui le répercutent directement sur les crédits qu’elles nous proposent. C’est le prix de l’argent, quoi ! Elle l’augmente pour modérer une économie qui s’emballe et éviter l’inflation. Elle le diminue pour réveiller une économie au ralenti. Qu’il soit haut ou bas, l’objectif est d’avoir une certaine stabilité des prix, un taux de chômage faible, une activité économique dynamique, avec des acteurs économiques solides.

2008, la crise.

Les premières causes de la crise financière de 2008

La faillite d’une grande banque américaine provoque une vraie crise de confiance entre les banques. Celles qui lui avaient prêté de l’argent s’inquiètent de ne pas retrouver leurs fonds. Les autres s’alarment car elles avaient prêté à ces dernières. Sur les marchés financiers, les investisseurs reculent, ils demandent des taux d’intérêt de plus en plus élevés en contrepartie de leurs investissements. Pour éviter la faillite de nombreuses banques et contrer la crise économique, la banque centrale, pragmatique, réagit, baisse ton taux directeur, le baisse encore, le voilà proche de zéro, mais rien n’y fait. La crise persiste, les tensions s’accentuent. Les taux d’intérêt à long terme restent toujours élevés. Le système financier se dégonfle. L’activité économique chute, des entreprises ferment, le chômage augmente. Rien ne va plus.

Pour poursuivre ses objectifs, la banque centrale doit inévitablement adapter sa politique monétaire. Elle imagine alors des mesures non conventionnelles. Pour commencer, elle change de ton.

Quelle a été la politique monétaire de la banque centrale ?

Finies, les variations du taux directeur. Elle l’affirme clairement. Son taux directeur restera proche de zéro le temps qu’il faut.

Les banques et les investisseurs anticipent l’avenir plus sereinement. Ils réduisent alors les taux d’intérêt à long terme, et les agents économiques trouvent un financement à moindre coût.

Pour continuer sur sa lancée, la banque centrale redonne de l’oxygène au système et intervient directement auprès des banques commerciales, et sur les marchés financiers.

Les banques commerciales ne se prêtent plus d’argent, l’activité de crédit est tétanisée. La banque centrale change de dimension, et leur donne un accès illimité aux liquidités sous forme de prêts, à long terme cette fois-ci. Les banques respirent. Financer les ménages et les entreprises devient moins risqué. Du coup, les taux d’intérêt à long terme des banques diminuent, et les ménages et les entreprises peuvent à nouveau assumer les crédits et financer leur activité.

Mais si ça ne suffit pas, la banque centrale enchaîne. Les investisseurs n’osent toujours pas investir sur les marchés ? Les ménages n’osent toujours pas emprunter ? Les taux d’intérêt sont encore trop hauts ? La banque centrale réalise des achats massifs et répétés de titres sur ce qu’on appelle les marchés secondaires.

Qu’est-ce qu’on appelle les marchés secondaires ?   

Ce sont les marchés où s’achètent et se vendent des titres déjà émis et que leurs détenteurs souhaitent revendre.

Regardez, offre et demande s’ajustent avec des taux d’intérêt plus bas. Cette baisse se diffuse sur l’ensemble des taux d’intérêt. Les acteurs économiques retrouvent des ressources financières meilleur marché auprès des investisseurs habituels. Alors, on peut respirer ? Sans doute… Avec les mesures non conventionnelles, les banques centrales ont dû augmenter fortement le nombre de titres qu’elles détiennent et adapter leurs moyens d’action. Elles ont mis en œuvre beaucoup d’outils pour baisser le coût de l’argent à long terme, qui sert à financer les ménages et les entreprises. Nous, quoi !

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Réalisateur : Citéco

Nom de l'auteur : Citéco

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Publié le 26/06/20

Modifié le 05/10/20

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