Quelle galère !

Clin d'œil en Méditerranée
Publié le 01/02/19Modifié le 24/04/19

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Quelle galère ! Ou encore, un travail de galériens. Vous connaissez ces expressions, mais que savez-vous des galériens ?

D'où venaient-ils ? Comment se retrouvait-on galérien ? Etait-ce forcément des esclaves ? Pour répondre à ces questions, il nous faut revenir en arrière, car depuis les Grecs, la galère a dominé la Méditerranée. Il faut dire que si elle a une voile, elle a surtout des rames. Celles-ci peuvent mesurer jusqu'à 12 mètres et permettent aux navires de se déplacer même lorsque les vents lui sont contraires. Un énorme avantage par rapport aux gros navires à voiles qui préfèrent les vents de l'Atlantique. Et la galère n'est pas qu'un navire de guerre, on en trouve aussi des commerciales.

Mais alors, qui sont ces rameurs qui s'alignent sur les bancs pour faire avancer ces navires ?

Pour commencer, si on emploie des esclaves, nombre de galériens sont volontaires. Oui, galérien, c'est un métier. On parle de « marinier de rame », un rude métier que seuls les plus pauvres acceptent de réaliser. Mais le commerce se développe sur la Méditerranée au XVe siècle avec 2 effets : d'abord il faut toujours plus de rameurs et ensuite, à cause de tous ces échanges, le niveau de vie s'élève et il y a de moins en moins de volontaires. On décide alors d'aller chercher des rameurs dans les prisons. Une solution qui non seulement vide les cellules, mais rempli les bancs des galères. Idéal, non ? Cela devient même une véritable peine : la peine des galères.

La peine des galères 

Les prisonniers sont enchaînés, marqués aux fers, vêtus de rouge pour être repérable de loin en cas d'évasion et traversent la France ainsi pour aller rejoindre les ports où ils seront affectés à un navire. On pouvait y être condamné pour quelques années ou à perpétuité. Et toutes les nations s'y adonnent. Ainsi durant la bataille de Lépante en 1571 qui oppose les Ottomans aux flottes chrétiennes, on retrouve des Corses aussi bien à ramer du côté des chrétiens pour défendre leurs côtes que du côté des Ottomans où ils sont prisonniers. Ils ne retrouveront leur liberté qu’à la fin de la bataille pour les plus chanceux. Les femmes condamnées voient elles leur peine commuée et ne finissaient donc pas à ramer avec les autres galériens. Ouf !

Des galères au bagne

A Marseille, les galères faisaient vivre toute une partie de la ville. Il fallait non seulement quantité d'ouvriers pour entretenir les navires, mais aussi toute une administration, mais un nombre de gardes important pour réussir à tenir jusqu'à 6 000 galériens présents sur place. La France et l'Espagne abandonnèrent les galères en 1748. Que devinrent les galériens ? On les envoya bien loin dans des camps de travaux forcés appelés les bagnes, qui donnèrent d'autres expressions : un travail de bagnard ou ne pas être au bagne !

Réalisateur : Laure Coeroli Fernandez

Nom de l'auteur : Anne-Laure Gérôme

Producteur : France 3 Corse ViaStella

Diffuseur : France 3 Corse ViaStella

Année de copyright : 2018

Année de production : 2018

Année de diffusion : 2018

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