Vidéo : Sommes-nous trop nombreux sur Terre ?

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Muséum national d'Histoire naturelle
Culture générale27:05Publié le 23/08/2021

audio - Sommes-nous trop nombreux sur Terre ?

Pour que nature vive

La population mondiale est passée de 1 milliard d’habitants sur Terre à bientôt 8 et potentiellement 10 en 2050. Une situation qui soulève de nombreuses questions en termes de ressources alimentaires et énergétiques, mais aussi d’impact sur l'écosystème terrestre en pleine anthropocène. Gilles Pison, démographe et professeur au Muséum national d’histoire naturelle, voit pourtant en la décélération de la croissance et la responsabilisation de nos comportements quelques motifs d’espoir. 

Une préoccupation exponentielle

L’inquiétude quant à la croissance démographique sur Terre ne date pas d’aujourd’hui. Dès le XVIIIe siècle, l’économiste anglais Thomas Malthus avait plaidé en faveur d’une limitation des naissances afin de bénéficier de ressources suffisantes pour tous, qui a d’ailleurs donné naissance à un courant de pensée : le matlhusianisme. La préoccupation portait à l’époque sur la population anglaise, elle est désormais mondiale du fait de la croissance démographique exponentielle depuis les années 1960 due aux progrès sociaux et médicaux.

La croissance décélère 

L’accroissement de la population mondiale s’explique par un nombre actuel des naissances 3 fois supérieur à celui des décès. La tendance est pourtant à la décélération : le taux maximum de croissance démographique de 2 % des années 1960 est en train de s’essouffler pour retomber à 1 % en 2020. Le taux de fécondité mondial baisse en effet continuellement depuis, de moitié en 50 ans pour atteindre actuellement 2,4 enfants par femme. Compte tenu de tous ces éléments, les projections des démographes anticipent une stabilisation de la population mondiale autour de 11 milliards d’individus à partir du XXIIe siècle.

Une situation démographique disparate dans le monde

Evidemment les évolutions démographiques sont disparates à travers le monde. Aucun pays de l’OCDE n’est désormais au-dessus du seuil fatidique de renouvellement des générations de 2,1 enfants par femme, avec même une population qui diminue au Japon et un taux de fécondité qui a atteint 0,9 enfant par femme en Corée du Sud. Dans beaucoup de ces pays la situation démographique déclinante est compensée par les mouvements migratoires comme en Allemagne par exemple. En Inde et en Chine, qui représentent à eux deux les deux cinquièmes de la population mondiale, la croissance démographique continue d’évoluer positivement car la proportion de personnes en âge de procréer est importante, mais la tendance tend à ralentir progressivement. Seules l’Afrique et une partie de l’Asie poursuivent une croissance importante mais qui devrait progressivement se modérer.

Le besoin de responsabilité

Comment dès lors subvenir aux besoins alimentaires et énergétiques avec une telle densité humaine ? Selon Gilles Pison, la solution passe par une meilleure répartition de ces ressources et par un comportement plus responsable. La priorité est de résoudre individuellement et collectivement notre empreinte écologique. Cela doit se traduire dans la modification de nos habitudes alimentaires, notamment la consommation de viande, mais aussi par la transition énergétique. « L’important n’est pas tant le nombre d’enfants que leur comportement responsable », souligne-t-il. 

Réalisateur : Enky Wave

Nom de l'auteur : Interviews par Vincent Edin - Enregistrements par Thibault Delage à l’Arrière Boutique

Producteur : Muséum national d'Histoire naturelle et Création Collective, en partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire dans le cadre de son programme « Biodiversité. Tous vivants ! »

Année de copyright : 2020

Publié le 23/08/21

Modifié le 03/06/22

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