Vidéo : Victor Hugo : un héros français !

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France Télévisions
Histoire10:48Publié le 29/03/2021

Victor Hugo : un héros français !

C Jamy, les extraits

Le 26 février, c’est l’anniversaire de Victor Hugo. Né à Besançon en 1802, il est, à ce jour, l’écrivain français le plus connu au monde. Auteur de neuf romans, dramaturge, poète et homme politique, nous pensons tout savoir de lui et pourtant ce grand homme nous réserve encore bien des surprises ! Les révélation de Jamy et ses chroniqueurs.

Victor Hugo, Gavroche et Quasimodo

Victor Hugo est un formidable créateur de personnages, mais d’où viennent Gavroche et Quasimodo et comment lui ont-ils été inspirés ?

Si Gavroche est aujourd’hui le nom d’une casquette, le gamin des barricades lui n’en porte pas dans Les Misérables : Hugo le dessine les cheveux hirsutes, et pourtant c’est bien à lui que la casquette a emprunté son nom. En voici l’explication : pour créer son personnage, Hugo s’est inspiré de l'enfant brandissant les armes dans le tableau La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, peint en 1830. Le gamin du tableau porte la casquette, du coup même si Victor Hugo ne l’en coiffe pas, dans l’imaginaire collectif Gavroche en porte une. Aujourd’hui on parle d’un gavroche pour désigner un gamin des rues de Paris et d'une gavroche pour parler de la casquette. Avec ou sans, Victor Hugo a créé le symbole du gamin de Paris, mais le personnage emblématique d’Hugo, ce n’est pas Gavroche, c’est Quasimodo. Quel drôle de nom et où est-il allé le chercher ? Tout simplement dans une vieille expression latine Quasi modo qui désignait le dimanche qui suit Pâques. Beaucoup pensent qu’il a réellement existé : c’est peut-être vrai… Pendant ses recherches pour Notre-Dame de Paris, Hugo aurait rencontré un tailleur de pierres qui travaillait à la restauration de la cathédrale en 1820, son surnom : le bossu. Une coïncidence ?

Victor Hugo et la barbe

Jusqu’à 59 ans, Hugo n’en porte pas. Alors pourquoi cette barbe tardive ?

Le 2 décembre 1851, c’est le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, alors premier président de la République de l’histoire de France. Il instaure le Second Empire et devient Napoléon III. Victor Hugo critique violemment l’empereur qu’il considère comme un tyran et il est contraint de s’exiler. Il trouve refuge sur l’île anglo-normande de Jersey, au large du Cotentin, puis sur celle de Guernesey, juste à côté, où il restera quinze ans. C’est là que Victor Hugo écrit quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre : Les Châtiments, Les Contemplations, mais surtout Les Misérables. C’est l’époque où il décide de se couper les cheveux et de se laisser pousser la barbe, dans un premier temps, dit-on, pour se prémunir des angines à répétition. Sans doute est-ce davantage une démarche spirituelle de la part de celui qui écrit : « Où réside la grandeur de l’homme ? Dans sa barbe qui le relie aux forces de l’univers ». Ou bien est-ce la marque d’un attachement profond à la république bafouée, car depuis l’instauration du Second Empire, la barbe est perçue comme un signe d’anarchie. Un décret, datant de 1852, interdit même aux enseignants de la porter. Quand Victor Hugo rentre en France en 1870 après la chute de Napoléon III, sa barbe est désormais celle de la IIIe République victorieuse : une barbe bien fournie devient un signe de sagesse et d’estime. Les présidents Sadi Carnot et Paul Doumer en passant par Jean Jaurès, tous la porteront avec fierté.

Victor Hugo et Notre-Dame

Dès 1831 dans Notre-Dame de Paris, Hugo décrit un incendie qui n’a pas encore existé, pour signaler le mauvais état de la cathédrale : c’est une ruine pillée pendant la révolution de 1789 et sa flèche a été détruite. En 1830, Notre-Dame sert d’entrepôt à vin, elle est dans un tel état de délabrement qu’on envisage même de la raser : un projet qui rend malade le jeune écrivain de 26 ans totalement inconnu. Victor Hugo entend rendre ses lettres de noblesse à la cathédrale. Son idée :faire de Notre-Dame l’héroïne principale de son prochain roman. Et ça marche ! En rendant les pierres vivantes, Hugo frappe les consciences. Sorti en mars 1831, le livre connaît un succès retentissant et Notre-Dame sort de l’ombre. Les travaux de restauration démarrent en 1845 et dureront vingt ans. Victor Hugo verra sa Notre-Dame coiffée de cette flèche majestueuse dont il avait tant rêvé. Evidemment, il ne pouvait pas prévoir que, deux siècles plus tard, elle partirait en fumée... comme il l’avait imaginé dans son roman.

Victor Hugo et le spiritisme

En 1843, sa fille adorée, Léopoldine, se noie dans la Seine.

Dix ans plus tard, Hugo s’initie au spiritisme qu’il pratique assidûment pendant deux ans. Au total, il rapporte dans ses comptes rendus avoir contacté une centaine d’esprits. Dans son répertoire figurent : Jésus, Shakespeare, Molière ou Galilée. Il retranscrit leurs propos grâce aux coups que donnait la table. Il est probable qu’Hugo ait souffert d’une sorte de psychose, du coup il retranscrivait les paroles de Jésus en toute bonne foi, alors qu’il faisait en réalité de la simple écriture automatique (en gros il improvisait). Et les coups sur la table ? Déjà dans les années 1850, les scientifiques les attribuent à un phénomène appelé l’effet idéomoteur : en clair, si la table tourne, c’est à cause des poussées involontaires des mains des participants.

Victor Hugo et la peine de mort 

A l’origine de son combat contre la peine de mort, un épisode qui s’est déroulé durant son enfance, à Burgos en Espagne. Il n’a que dix ans quand il assiste à une exécution. Le condamné est décapité sous ses yeux et Victor Hugo est traumatisé et jamais il n’oubliera. Comme toujours sa lutte commence avec un livre : Le dernier jour d’un condamné. Il a alors 27 ans. A travers ce roman, il dénonce publiquement l’horreur de la peine de mort. Hugo écrit à la première personne, il veut entrer dans la peau d’un condamné, à qui il ne reste que quelques heures à vivre. Il veut faire ressentir au lecteur l’attente insupportable de celui qui va être exécuté. Ce combat pour l’abolition de la peine de mort va l’obséder toute sa vie. Il en parle dans tous ses romans. Dans Notre-Dame de Paris, Quasimodo est exposé sur le pilori place de Grève, et Esméralda, accusée de sorcellerie, finit pendue au gibet de Montfaucon. Dans Les Misérables, il décrit l’échafaud. Il dessine également la peine de mort sous forme d’un pendu qui l’accompagnera dans ses cabinets de travail successifs. Le 15 septembre 1848, dans un discours resté célèbre à l’Assemblée, il prédit : « Vous n’abolirez peut-être pas aujourd’hui la peine de mort ; mais n’en doutez pas, demain vous l’abolirez, ou vos successeurs l’aboliront ». Sa prédiction va s’accomplir, presque cent ans après sa mort, le 19 octobre 1981.

© Crédits archives

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Producteur : Elephant Adventures

Année de copyright : 2021

Année de production : 2021

Année de diffusion : 2021

Publié le 29/03/21

Modifié le 08/06/21

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