Le roman est composé exclusivement de lettres écrites par le personnage principal, Zilia. Ce genre était très à la mode au XVIIIe siècle et permettait à l'auteur de faire passer des critiques à travers la voix d'un personnage fictif.
L'autrice Françoise de Graffigny, commence sa carrière littéraire tardivement. Le succès des Lettres d'une Péruvienne, publié en 1747, arrive alors qu'elle a plus de 50 ans, après avoir dû travailler comme dame de compagnie.
Zilia est une jeune femme issue de l'empire Inca. Elle est enlevée par les conquistadors espagnols lorsque ces derniers pillent et s’emparent de la capitale du Pérou : à l’époque, Cuzco. Zilia est ensuite recueillie par des Français.
Le « regard étranger » est une technique littéraire du siècle des Lumières. La fausse naïveté de Zilia permet à l'autrice de s'étonner des coutumes françaises que les Français ne voient plus. Cela permet à Graffigny de faire une satire de la société, sans être directement accusée.
Au contraire, Lettres d'une Péruvienne est un roman de formation. Zilia s'éduque, apprend à lire et à écrire le français, et développe son esprit critique. À la fin, elle fait le choix de l'indépendance en refusant le mariage pour vivre seule et libre, un geste fort pour l'époque.
Au début, Zilia ne connaît pas l'écriture alphabétique européenne. Elle utilise des « quipos », un système de communication de sa culture péruvienne, pour enregistrer ses pensées et messages destinés à Aza.
Le chevalier Déterville est l'officier français qui sauve Zilia des Espagnols. Il tombe amoureux d'elle, mais elle lui propose seulement son amitié à la fin du roman. Les dernières lettres de l'œuvre (37 à 41) lui sont adressées.
Zilia est choquée de voir que l'éducation des Françaises vise principalement à les rendre séduisantes pour trouver un mari. Elle critique le manque de formation intellectuelle et une culture de l'apparence.
Dans une de ses lettres, Zilia écrit : « chaque éclaircissement m’a découvert un nouveau malheur. » L'expérimentation de ce « nouvel univers » s'accompagne donc rapidement de désillusion face aux défauts de la société française.
À l'heure du colonialisme, Françoise de Graffigny montre que les Européens, qui se croient « civilisés », peuvent être cruels, tandis que les « barbares » ont leurs propres vertus. Le roman invite à voir les autres cultures comme différentes, et non inférieures.
Zilia choisit de rester en France et de ne pas se marier. Elle utilise sa fortune pour acheter une maison où elle vit seule, entourée de ses livres et de l'amitié de Déterville, affirmant ainsi son indépendance intellectuelle et personnelle.
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« Lettres d'une Péruvienne » de Françoise de Graffigny
Françoise de Graffigny est une écrivaine des Lumières. Dans Lettres d'une Péruvienne, elle fait le choix audacieux et éclairé de révéler les injustices de son temps en se cachant derrière un personnage romanesque, Zilia, une jeune Péruvienne qui découvre l’Europe et la France. Vérifie tes connaissances sur cette œuvre phare du XVIIIe siècle en lançant le quiz !
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