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Histoire04:10Publié le 06/04/2023

La France face à la restitution des œuvres d'art

Géopoliticus

Aux XIXe et XXe siècles, des milliers de pièces culturelles ont été acquises par la contrainte et la violence en Afrique par les puissances coloniales. Un rapport remis à l’Elysée en 2018 sur « la restitution du patrimoine africain », estime que 90 % du patrimoine culturel subsaharien est aujourd’hui éparpillé hors du continent. La restitution par la France de ces œuvres d’art est un enjeu géopolitique majeur. Elle concerne aujourd’hui surtout les territoires subsahariens.

Objets d'art volés pendant la colonisation

Au moins 90 000 objets d'art d'Afrique subsaharienne se trouvent dans les collections publiques françaises. Plus des deux-tiers demeurent au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. La grande majorité des pièces proviennent des territoires colonisés par la France, comme le Cameroun, le Togo, le Bénin, le Mali, le Sénégal ou le Burkina Faso. La restitution de ces œuvres d’art est aujourd’hui demandée par plusieurs pays africains, des experts, des chercheurs ou encore des militants. En effet, les citoyens africains sont privés de l’accès à ces éléments essentiels de leur culture, de leur histoire et de leur mémoire. La restitution de ces œuvres peut permettre à la France d'améliorer son image en Afrique. Elle offre aussi la possibilité de rompre la « Françafrique », une expression qui désigne une relation néocoloniale entre la France et ses anciennes colonies.

Une loi pour restituer des œuvres d’art aux pays africains

La France en est à ses premiers pas dans la restitution des œuvres d’art. C’est un cheminement difficile car nombre de musées et de collectionneurs sont réticents à les rendre. Pourquoi ? Plusieurs raisons sont avancées :

  • La plus courante est que les pays qui demandent cette restitution ne possèderaient pas les infrastructures nécessaires pour les conserver. Aussi, restituer ces objets causerait une perte financière, puisqu’il s’agit d’un vivier économique pour les musées.
  • Autre raison invoquée : certains collectionneurs et musées s’appuyent sur le droit. Le Code du patrimoine français indique que les biens culturels des musées de France sont inaliénables et ne peuvent être cédés.

Pour répondre à cet argument, une loi votée en 2020 autorise dorénavant la restitution d’un certain nombre d’œuvres au Sénégal et au Bénin. Cette loi a ainsi permis à la France de rendre le sabre d’El Hadj Omar Tall à la République du Sénégal. Le 9 novembre 2021, ce sont 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey, conservés au musée parisien du Quai Branly, qui sont restitués au Bénin. Et une convention entre la France et Madagascar a permis, en novembre 2020, le retour de couronne de la reine Ranavalona III à Antananarivo.

Si, pour le moment, le rapport remis à l’Elysée en 2018 concerne spécifiquement les anciennes colonies françaises subsahariennes, les territoires nord-africains, en particulier l’Algérie et le Maroc, réclament également la remise d’œuvres culturelles. Ces procédures se multiplient et ne concernent pas seulement la France. Le mouvement s’étend à la Belgique, aux Pays-Bas, à l’Allemagne, la Suisse et au Royaume-Uni.

► Découvrez toutes les vidéos de la série Géopoliticus.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Laura Auriole

Producteur : France Télévisions, Producteur exécutif : Corner Prod, avec la participation de l'IRIS

Année de copyright : 2023

Année de production : 2023

Publié le 06/04/23

Modifié le 06/04/23

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