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les sept arts libéraux

Les sept arts libéraux, dans Hortus deliciarum
de Herrad von Landsberg, XIIe siècle.
Reproduction du XIXe siècle par Christian Maurice Engelhardt.

L’Europe est au Moyen Âge imprégnée d’arts issus d’un Empire romain, relayé par la jeune puissance chrétienne et byzantine, et d’une civilisation islamique dont la culture va rester longtemps influente à la porte des Pyrénées.

 

Les esprits de Byzance soufflent aussi en Italie vénitienne et à Ravenne, ceux de l’Islam en Sicile. Du Nord et de l’Est, l’art des migrations et l’esprit anglo-saxon viennent se fondre aux traditions celtes refugiées à l’Ouest, dans les îles britanniques. Ces dernières assimileront la poussée Viking alors qu’elles intégraient à peine celle du christianisme. Dans ce riche humus, s’affirmeront les deux grands courants artistiques caractérisant le Moyen-Âge, l’art roman et l’art gothique. Cet affermissement et cette précédente diversité ouvriront la voie à l’esthétique de la Renaissance.

 

 

De multiples influences

pommeau d'épée viking

Pommeau d'épée viking,
musée des Vikings de Haithabu (Allemagne),
photo 2004 © Keeshu

À la chute de l'Empire romain, la plupart des grandes cités du sud de l'Europe sont tournées vers Rome et imprégnées de sa culture et de son art ; au Nord et à l'Ouest, là où l'Empire a peu pénétré, la culture des tribus dites « barbares » domine. La fascination pour la culture romaine, chez un peuple comme les Germains, ne change pas le cadre : celui du Haut Moyen Âge des invasions et du puissant choc culturel à venir. L’empire romain d’Orient, qui se fait chrétien sous Constantin en 312, absorbe, lui, une part de la culture latine et hellénique. Ainsi, ce qui subsiste de plus vivace de l’art romain et antique au début du Moyen Âge se retrouve intégré dans ce christianisme en train de passer de la secte clandestine à l’institution officielle… L’arrêt des persécutions contre les chrétiens et leur culte, orientant leurs réalisations architecturales vers le durable, fait de l’art paléochrétien, entre l’an 200 et l’an 500, un lieu d’absorption de l’expérience romaine de la sculpture, de la mosaïque, de la peinture, du travail du métal. Après le retrait des Romains d’Irlande et d’Angleterre, on voit, du Ve au XIIe siècle, l’art celtique s’y développer, fusionnant quelquefois avec l’art anglo-saxon, apporté par la culture artistique de migrations des peuples germaniques commencées pendant les « grandes invasions ». Un autre flux de culture est celui des « barbares » du Nord, marqué par la civilisation Viking (IXe siècle).

 

chapiteau wisigoth de los alcazares

Chapiteau wisigoth de Los Alcazares (Murcie, Espagne), VI-VIIe siècle.
Musée Archéologique de Murcie. Photo 2009 © Nanosanchez

Art Carolingien et art « ottonien »

L’empire de Charlemagne présente alors une sorte de brassage partiel des divers flux qui se croisent dans les vastes parties de son territoire. La Renaissance carolingienne, autour de Charlemagne et de ses héritiers, de 750 à 930 environ, produit un saut culturel et artistique, un renouveau de la culture et des études, un progrès de l’enseignement ; parmi les bonds intellectuels : écoles chrétiennes, réestimation de la langue latine par les copistes, sauvetage de manuscrits, traduction de nombreux auteurs classiques, de textes d’architecture (Vitruve). Les sept arts libéraux sont encouragés : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie, musique. Après le déclin de l'Empire carolingien, les continuateurs de la dynastie impériale, les « Otton » du Saint Empire germanique, réactivent l'idée d’Empire, engagent une nouvelle émulation culturelle et artistique. Les réalisations sont souvent des commandes liées à l'idée impériale des Ottoniens : représentations d’hommages des provinces, de l'armée, de l'Église, groupées autour de l'empereur. L'intégration, dans des bâtiments ottoniens, de structures antiques récupérées à Rome est un moyen destiné à rappeler au spectateur le lignage impérial. Art Carolingien et art « ottonien » seront ainsi l’humus dont émergeront, au XIe siècle, l’art roman puis l’art gothique.

Publié le 29/11/12

Modifié le 13/11/19

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