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Camus a réfléchi toute sa vie à la place de l’artiste dans la société et à son engagement, sans être lui-même un écrivain « engagé » au sens sartrien du terme.

« J’aime mieux les hommes engagés que les littératures engagées. Du courage dans sa vie et du talent dans ses œuvres, ce n’est déjà pas si mal. Et puis l’écrivain est engagé quand il le veut. Son mérite c’est son mouvement. Et si ça doit devenir une loi, un métier ou une terreur, où est le mérite justement ?»(Carnets)

Même s’il a toujours été tenté de s’isoler du monde pour se consacrer à son art, il constate qu’il ne peut se maintenir hors de la mêlée. Dans sa jeunesse, il adhère brièvement au Parti Communiste algérien, s’engage dans la Résistance pendant la Deuxième Guerre mondiale, s’insurge contre les totalitarismes, de droite ou de gauche. Camus ne s’est engagé que dans son art. Il développe sa pensée dans la conférence d’Uppsala le 14 décembre 1957, « L’Artiste et son temps » :

« […] l’artiste, qu’il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu’engagé. […] Tout artiste aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps […] L’artiste, comme les autres, doit ramer à son tour, sans mourir, s’il le peut, c’est-à-dire en continuant de vivre et de créer ».

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Albert Camus, avec la comtesse Ekeberg, réception Nobel. Stockholm, 1957. ©MP/Portfolio/Leemage

Déjà, en 1937, dans une conférence sur la culture méditerranéenne, il s’efforce de concilier la solidarité avec son temps et les préoccupations propres à l’artiste.

  • Les derniers chapitres de L’Homme révolté (1952) précisent les rapports de l’art et de l’histoire : « L’Artiste en prison » montre comment Wilde découvrit, à Reading, la solidarité.
  • « Jonas ou l’artiste au travail » présente une figure intéressante de l’artiste qui ne sait pas vivre en tension entre solitude et solidarité. Incapable de faire la part entre ses obligations envers lui-même et celles qui l’engagent envers les autres, Jonas finit dans la stérilité.
  • « Chaque artiste, sans doute, est à la recherche de sa vérité. S’il est grand, chaque œuvre l’en rapproche ou, du moins, gravite encore plus près de ce centre, soleil enfoui, où tout doit venir brûler un jour. S’il est médiocre, chaque œuvre l’en éloigne et le centre est partout, la lumière se défait. Mais dans sa recherche obstinée, seuls peuvent aider l’artiste ceux qui l’aiment et ceux-là aussi qui, aimant ou créant eux-mêmes, trouvent dans leur passion la mesure de toute passion, et savent alors juger. » (« L’Enigme »).

Publié le 22/07/13

Modifié le 22/01/20

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