On considère Baudelaire comme un héritier du romantisme et un précurseur du symbolisme. De Musset, il hérite du « mal du siècle », de « l’ennui », du « vague des passions », ainsi que d’une attirance pour la maladie et les affres de la création poétique. Lyrisme, égotisme et dandysme sont également des données venant de la génération romantique. Par ailleurs, le travail sur les synesthésies sera au centre de la poésie symboliste dès 1870 chez Rimbaud, Verlaine et Mallarmé qui inventent des réseaux de correspondances symboliques entre les cinq sens, en utilisant les figures d’analogie telles que la comparaison et la métaphore déjà très présentes chez Baudelaire. 

Baudelaire, le père de la décadence

A la fin du XIXe siècle, né un mouvement parallèle au symbolisme qu’on appelle « le décadentisme ». La « littérature décadente », incarnée par des figures emblématique de Huysmans et Barbey d’Aurevilly, affiche un goût prononcé pour le mal, la maladie, la mort, l’érotisme. Cette génération « fin de siècle », inspirée par les écrits nihilistes de Schopenhauer, revendique l’héritage baudelairien.

Œuvres de Baudelaire à lire en parallèle des « Fleurs du mal »

  • Certains Petits poèmes en prose, 1869, sont des réécritures des poèmes des Fleurs du mal. Par exemple, « Le désir de peindre » semble être un prolongement de « A une passante ». « Hémisphère dans une chevelure » est le deuxième volet de « La chevelure », les deux poèmes formant un diptyque… 
  • L’Art romantique, 1868, vient prolonger certains poèmes des Fleurs du mal dédiés à la peinture.
  • Mon cœur mis à nu, 1864, est un écrit intime qui se présente sous forme de fragments. Ces pensées sont pleines d’ironie et l’on y retrouve la misogynie de Baudelaire, déjà prégnante dans sa poésie, ainsi que des réflexions acerbes sur ses contemporains. 
  • Les Paradis artificiels, 1851, est un recueil antérieur aux Fleurs du mal qui propose des développements sur le vin (et autre drogues). Sa lecture peut venir compléter celle de la troisième section des Fleurs du mal, « Le vin ».

 

Cécile Ladjali

Publié le 05/05/20

Modifié le 07/05/20