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Il est difficile d'aborder l'art du Moyen Âge à travers les concepts actuels provenant d'un système de valeurs né en Europe à la Renaissance et qui a excellé au XIXe autour d'une idée de l'artiste fort éloignée des notions médiévales.

l'ange au sourire
L'Ange au sourire, statue sur le portail gauche
de la Cathédrale Notre-Dame de Reims (Champagne),
photo 2011© Eric Santos

Art, artisanat, technique, sont des termes dont l’acception n’a été très distincte qu’à partir de la Renaissance. Une cathédrale gothique, perçue aujourd’hui comme « œuvre d’art », est vue d’abord en son temps comme bâtiment à usage liturgique ; en Occident médiéval, l’art est un élément de l’édifice des croyances, des rites, des codes moraux et sociaux, comme il est dans d’autres sociétés au service de la magie et du mythe. Il est donc au service du sacré et de la pensée, loin d’assouvir les aspirations individuelles d’un « artiste ». Il formule des énoncés didactiques, impose un certain ordre moral au monde physique, fige le cours du temps. Après la christianisation de l’Europe du Nord, le continent européen est sous l’influence des trois religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam), qui imprègnent l’ensemble des formes artistiques : la majorité de l'art parvenu à ce jour de la période médiévale relève donc du domaine du religieux. La « commande » religieuse ne se limite pas aux lieux de culte, aux fonctions cérémonielles évidentes. La nécessité de représentations sacrées à la gloire de Dieu, où le commanditaire peut se faire figurer en intercesseur entre Dieu et les hommes, est sans doute le fondement de ce qui peut être appelé « art » : une extension du sacré vers la sphère du privé, apte à gérer la chaîne d’artisans nécessaire.

rose avec la vierge marie tenant l'enfant jésus
Rose avec la Vierge Marie tenant l'enfant Jésus en son centre
et vitraux aux armes de France et de Castille, XIIIe siècle,
transept nord, Cathédrale de Chartres. photo © Mossot

Ce cadre contraint ainsi la plupart des œuvres picturales, définit leur sujet comme leur fonction, dont celle d’exalter le donateur. Le Moyen Âge verra passer la commande des œuvres, au départ limitée aux princes et au haut clergé, aux plus petits seigneurs, puis aux bourgeois des villes. Une notion, courante aujourd’hui est enfin impossible à transférer au Moyen Âge : celle de public. En dehors de celui des fidèles dans les églises, il n’y avait guère que celui des courtisans dans les palais, où les œuvres avaient pour «  spectateurs » le cercle étroit des commanditaires et de leurs proches. Ce n’est qu’à la Renaissance que la commande, faite à des fins d’édification ou d’ostentation, prendra une dimension plus privée : achats individuels de collectionneurs, aptes à s’intéresser à une peinture pour des raisons esthétiques, à identifier une « signature ». Un certain nombre d’architectures ou de productions artisanales échappent enfin au religieux, comme l’architecture des châteaux, fortifications et palais, ce qui est lié au costume et à la vaisselle (orfèvrerie civile) ou à la vie guerrière : art héraldique des blasons, étendards aux codes de couleurs réglant tournois et batailles, ornement des armes et des parures de guerre. Mais toutes, précisément, ne furent pas jadis envisagées en tant « qu’art »…

Publié le 29/11/12

Modifié le 13/11/19

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