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kant

anonyme, portrait de kant, circa 1790, huile sur toile, 53 × 38 cm.
Kant-Ikonographie, Centre de Recherche Kant, Université Johannes Gutenberg de Mayence.

Kant serait, dit-on souvent, tout spécialement inaccessible étant donné l’obscurité de sa terminologie ; voyez un peu, ne fût-ce que les titres des parties de La Critique de la Raison pure : Esthétique Transcendantale, Analytique Transcendantale, Dialectique Transcendantale

Or, tout un chacun a bien un jour appris des termes tels que « sinus, cosinus, asymptote... » sans être définitivement rebuté par les mathématiques.

La philosophie qui s’écrit massivement en langue naturelle a besoin de significations précises : elle y parvient soit en usant des termes de la langue habituelle à sa manière (ainsi en va-t-il de « idée », « intuition », « imagination » et autres semblables) – soit en empruntant au latin ou au grec (c’est le cas de « transcendantal »).


En un sens, la difficulté d’une page de philosophie est de même nature que celle d’une page de physique : la compréhension exige une attention tout autre que celle que requiert la lecture d’un magazine. L’effort soutenu de concentration qu’il convient de faire ne tient aucunement aux mots de la philosophie mais aux pensées. L’aridité de Kant, en outre, est largement apparente : rarement en effet un auteur aura pris autant de soin à définir et expliciter complètement ses propos. Une rédaction allusive, même si elle paraît séduisante, comme c’est par exemple le cas avec Nietzsche, est infiniment plus « piégée », plus difficile à comprendre réellement et sans trop de contre-sens, que celle de Kant.

De même donc que personne ne suffoque s’il doit une bonne fois apprendre ce qu’est une bissectrice, une asymptote et autres êtres mathématiques, de même peut-on une bonne fois apprendre quelques vocables que la terminologie kantienne a utilisés pour la précision de ce que le philosophe avait à dire.

Publié le 08/02/13

Modifié le 13/11/19

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