« Les Fleurs du mal », la structure de l’œuvre

« Les Fleurs du mal », la structure de l’œuvre

Le recueil Les Fleurs du mal dessine l’itinéraire spirituel d’une âme qui tombe, d’un esprit qui chute. Il semble que par sa construction le livre propose une véritable dramaturgie, un mouvement, rendant compte d’une descente déjà annoncée dans le poème liminaire, Au lecteur : « Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas. » Au bout du voyage, il y a donc la mort et la damnation. Il faut comprendre cependant que ce « pari » pascalien inversé devient l’occasion pour le poète de « trouver du nouveau » en matière de création poétique.

 

Avec l’ajout des Tableaux parisiens, la seconde édition de 1861 propose désormais six grandes sections :

  • Spleen et Idéal : 85 poèmes.
  • Tableaux parisiens : 18 poèmes.
  • Le vin : 5 poèmes.
  • Les Fleurs du Mal : 9 poèmes.
  • Révolte : 3 poèmes.
  • La Mort : 6 poèmes.

Poète maudit

La titrologie est éloquente : on va de « l’Idéal » (même si celui-ci se mêle au « Spleen ») vers La Mort. On remarque aussi une gradation dans le tragique, puisque l’avant dernière section, Révolte, met en exergue les grandes figures de la révolte : Satan, Saint-Pierre et « Caïn. A travers ces poèmes, l’artiste maudit fraternise avec ces figures maudites qui à ses yeux, deviennent les représentantes d’un art pensé comme supérieur à la nature, et donc à la création. 

Le procès

Bien que Baudelaire ait renoncé à intituler son recueil, Les Lesbiennes, le livre qui compte déjà 100 poèmes en 1857 fait scandale lorsqu’il paraît chez son ami éditeur, Auguste Poulet-Malassis, sous le titre oxymorique, Les Fleurs du mal. On accuse alors le poète d’outrage à la morale et aux bonnes mœurs. Baudelaire et son éditeur subissent un procès qu’ils perdent face au procureur, Pinard. Cet échec constitue pour nous, lecteurs, une sorte d’aubaine puisque, loin de renoncer, Baudelaire va se lancer dans la rédaction d’une seconde édition et ainsi augmenter son livre de 26 poèmes inédits. Le classement auquel nous faisons référence est donc celui de l’édition de 1861. Notons que les sept pièces condamnées seront publiées à part, en 1866, sous le titre évocateur, Les Epaves, avec un frontispice de l’artiste, Félicien Rops.


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