Au lecteur

Feignant de respecter la tradition classique, Baudelaire s’adresse à son lecteur, en lui rappelant son appétit pour le mal avant de l’entrainer à ses côtés dans une chute inexorable sous le haut patronage du Diable.

L’albatros 

Ce poème a été ajouté à l’édition de 1861. L’oiseau est le symbole du poète maudit. Les « hommes d’équipage » qui le torturent, incarnent la société bourgeoise qui a rejeté Baudelaire. Le « Prince des nuées » n’a pas sa place dans le monde des hommes ordinaires, il n’est fait que pour « l’Ether », c’est-à-dire « l’Idéal ».

Elévation

Baudelaire s’adresse à son esprit qui par le biais de la poésie et surtout des synesthésies va pouvoir échapper « aux miasmes morbides » de la réalité.

L’invitation au voyage

Apostrophant sa maîtresse, Jeanne Duval, Baudelaire, rêve d’un ailleurs exotique. Il entreprend le voyage grâce à la sensualité de cette femme devenue son alter ego, « Mon enfant, ma sœur ». Mais il s’agit surtout d’un voyage intérieur qui lui permet de rejoindre un paradis perdu, où le monde primitif parlait encore « A l’âme en secret/Sa douce langue natale. »

L’homme et la mer

Baudelaire compare l’homme à la mer. Tous les deux ont la même profondeur abyssale, la même amertume, la même violence, le même amour pour « le carnage et la mort ». Occasion du voyage, promesse de l’anéantissement - si souvent recherché- la mer est un « miroir », où l’homme « contemple son âme ». 

Une charogne 

Véritable tableau de vanité, ce poème est un memento mori adressé à Jeanne Duval, comparée à une « charogne ». Mais ce poème réussit le tour de force d’introduire la vie dans la mort et la beauté dans l’horreur. Soudain, le cadavre en décomposition se meut en tableau et en musique. Nous sommes en présence d’un art poétique d’un genre nouveau.

Le chat

« Le chat 1 » est un animal diabolique par excellence, le chat devient une image de la femme aimée, en raison de sa beauté, de sa nonchalance et de sa sensualité perverse. « Le chat 2 »est  un miroir où Baudelaire contemple son âme. Qualifié de « séraphique », l’animal est aussi comparé à une « fée », à un « dieu ». L’aimantation se réalise en raison d’une force magique et spirituelle hors nature. 

Confession

Il s’agit d’un poème où s’exprime toute l’ironie misogyne de Baudelaire et surtout sa volonté de faire table rase des clichés romantiques. Le poète entame le récit d’une promenade idyllique dans Paris, un soir de pleine lune, au bras de la femme aimée, quand celle-ci laisse échapper « une note bizarre » : un pet. Telle est la « confession » de la femme, tristement humaine. Le mot « confession » ravalé à la scatologie, en dit long sur le désir de blasphème chez Baudelaire.

La musique

Dans ce poème hétérométrique, la musique, à l’instar de la peinture, devient pour Baudelaire un moyen d’échapper au spleen, et de réaliser un voyage intérieur.

Spleen

Les quatre poèmes, « Spleen », forment un pantoum. Baudelaire y décrit sa mélancolie, son angoisse, ainsi que la décadence du monde dans lequel il vit. Le nihilisme qui irrigue ces vers, fait du poète un Icare, un être de la chute, privé de salut.

L’horloge

Baudelaire s’inscrit ici dans la double lignée poétique du « tempus fugit » et du « memento mori ». A travers la prosopopée, le poète fait parler l’horloge avec son « gosier de métal » qui rappelle aux hommes, dans « toutes les langues », qu’ils vont mourir.

Paysage

Il s’agit du paysage intérieur que compose le poète à la faveur de l’écriture. On retrouve Baudelaire dans sa mansarde, assis à sa table de travail, tandis que la ville, grâce au poème, se métamorphose en un « ailleurs » et que le froid « hiver » devient « printemps » radieux.

Le cygne 

Dans ce poème élégiaque, Baudelaire chante sa nostalgie du vieux Paris détruit par Haussmann. En s’adressant à Andromaque, la veuve d’Hector dans L’Enéide, il convoque une figure du deuil et de la perte irréparable.

A une passante

Comme s’il lui écrivait une lettre, Baudelaire s’adresse à la muse, à la femme idéale, vêtue de noir, croisée dans les rues de Paris, le temps d’un « éclair » et qui a « fui » aussitôt. Pourtant celle-ci avait conscience de la fascination qu’elle opérait chez le poète : la femme n’est jamais autant désirable que lorsqu’elle reste inaccessible.

La destruction

Le « Démon » est ici la « femme », qui piège Baudelaire devinant son « amour de l’Art ». La rencontre n’aboutit qu’à « l’Ennui », au spleen. Diverti, détourné, Baudelaire s’est fourvoyé dans une passion fausse et ne peut plus créer. Dans tout le recueil on trouve la dialectique entre le corps féminin, vulgaire et naturel, qui divertit et l’esprit masculin du poète qui s’échine à créer en dépit de la tentation. 

Abel et Caïn

Baudelaire prend le parti du fratricide de la Genèse. Il fraternise avec celui qu’a rejeté Dieu de façon injuste, lui préférant son frère, Abel. Cette réhabilitation de la figure du mal est au centre de la démarche baudelairienne. 

La mort des amants

Eros et Thanatos fusionnent dans ce poème. Seule la mort peut réunir les êtres. On retrouve ici une poétique de la fusion, inspirée du néoplatonisme, et le souvenir de Tristan et Iseult ainsi que de Roméo et Juliette.

Cécile Ladjali

Publié le 05/05/20

Modifié le 07/05/20

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