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« Le mythe de Sisyphe », Albert Camus

Félix déLIRE

Dans L’Étranger, un fils ne pleure pas la mort de sa mère et dans Le mythe de Sisyphe, l’histoire commence par un suicide. Pourquoi ? Dans ces deux ouvrages, l’auteur, Albert Camus (1913-1960), définit l’absurdité et pose question sur le sens de la vie humaine.

Dans L’Étranger, qu’est-ce que l’absurde ?

Dans le roman L’Étranger, Albert Camus développe l’idée que la vie n’a aucun sens : il n’y a pas de but clair, on ne sait pas pourquoi on est là et à la fin, on meurt. Par nature, l’homme est en perpétuel recherche de sens. Pour Albert Camus, l’absurdité réside dans ce conflit entre l’homme qui recherche à tout prix un sens à sa vie, et l’univers qui, lui, s’en moque. Meursault, le personnage principal de l’histoire, a pleinement conscience de cette absurdité du monde. Cela le plonge dans une sorte de passivité. Pour lui, rien n’a d’importance : le décès de sa mère, la violence de son voisin, la demande en mariage de sa copine, son meurtre d’un Arabe sur la plage. Il est comme dans un abandon du réel. Il fuit. C’est seulement à la fin, lors de sa condamnation à mort, qu’il va faire face à son absurdité. Entre sa condamnation et sa mort, Meursault est un homme révolté et vivant. Finalement, c’est unétranger car il vit pleinement le non-sens de sa vie dans un monde rationnel.

 

► Pour compléter vos connaissances sur cet ouvrage, découvrez l'univers romanesque de L'Étranger de Camus.

Le mythe de Sisyphe : face à l’absurde, quelle solution ?

Dans Le mythe de Sisyphe, Albert Camus expose trois manières de réagir face au non-sens de l’existence :

  • Avoir de l’espoir (via les religions, les croyances, la morale…). Albert Camus appelle cela « l’esquive » car c’est détourner le regard et refuser la réalité.
  • Le suicide. Albert Camus le voit comme une forme de fuite. En effet, puisque la vie n’a aucun sens, à quoi bon vivre si à la fin il n’y a rien ?
  • La solution ? Accepter et maintenir le non-sens de son existence. Ainsi, on résiste à l’appel des refuges de la pensée, qui sont confortables et rassurants. Pour Albert Camus, celui qui accepte le non-sens de sa vie est un homme révolté.

C’est d’ailleurs pour cette raison que ce livre s’appelle Le Mythe de Sisyphe. Sisyphe pousse un rocher en haut d’une montagne à l’infini. Albert Camus s’en sert comme d’une métaphore de la vie. Pousser son rocher n’a pas de sens puisqu’une fois arrivé en haut, le caillou va re-dévaler la pente, et Sisyphe devra recommencer. Mais ce dernier le fait quand même parce que c’est un homme révolté. Conscient que son geste n’a pas de sens, il parvient à tirer de son emprisonnement, sa propre liberté. Il apprécie l’acte en lui-même et non pas ce que l’acte peut lui apporter par la suite. En somme, il aime le moment présent.

 

► Pour aller plus loin, découvrez notre dossier spécial sur Albert Camus : sa biographie, ses œuvres, son engagement politique.

Réalisateur : Alexandre Mehring

Nom de l'auteur : Félix Radu

Producteur : CALT PRODUCTION

Année de copyright : 2021

Publié le 12/04/21

Modifié le 13/04/21

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