icu.next-video

Contenu proposé par

France Télévisions

Regarde cette vidéo et gagne facilement jusqu'à 15 Lumniz en te connectant !

Il n’y a pas de Lumniz à gagner car tu as déjà consommé cet élément. Ne t'inquiète pas, il y a plein d'autres contenus intéressants à explorer et toujours plus de Lumniz à gagner.

->   En savoir plus
Langage05:24Publié le 11/05/2021

Le secret des anguilles aveugles du lac Lopolopo (Conte de Wallis-et-Futuna)

Les contes et comptines de Lili

Ce Conte wallisien Le secret des anguilles aveugles du lac Lopolopo est raconté par Kavamoeasi Toa. 

 

Le Royaume d’Uvuvea-en-haut était perdu dans l’immensité du Pacifique. Des hommes gigantesques, au corps bleuis de signes mystérieux y construisaient des embarcations fabuleuses pour le parcourir à la poursuite du soleil. La taille de la plus majestueuse avait tellement impressionné le roi du Grand Océan qu’il avait renoncé à leur déclarer la guerre.

 

Le roi Papatachercherpartu 1er régnait alors sur l’île. Il avait une fille, la princesse Asipapasavesa qu’il adorait. Elle avait une peau couleur de sable, ses longs cheveux lisses touchaient ses talons. Elle avait la démarche souple et ondulante de sa mère, la reine des anguilles. Son père ne lui trouvait aucun défaut. Elle avait malheureusement celui que partage toutes les vraies Princesses.

 

Asipapasavesa était d’une curiosité insatiable. Un jour, le Roi décida de montrer sa puissance à des voisins turbulents, en faisant construire une pirogue, plus grande que celle des conteurs.

 

La plus grande qu’on ne verrait de mémoire d’hommes.

 

Il choisit un lieu éloigné, au bord de l’eau. Puis, il en interdit l’accès en frappant l’endroit d’un tapu royal, c’est-à-dire, une interdiction sacrée. On appela le lieu Vao Tapu et même la Princesse n’avait pas le droit de s’y rendre.

 

Celle-ci pleura aussi fort qu’une Princesse peut le faire, en tapant le sol du pied, en frappant l’air de ses poings, en se roulant par terre tout en observant par de petits regards furtifs la réaction de son père, mais ce dernier ne céda pas.

 

La curiosité princière se mit alors à grossir, grossir, grossir jusqu’à devenir aussi grosse qu’un énorme nuage noir de tempête.

 

Asipapasavesa décida de demander dès le lendemain l’aide de sa mère, la reine des anguilles.

 

Sa mère touchée par sa peine, lui répondit :

  - « Mais rien n’est plus simple, ma fille… Vous allez toutes enfiler une peau d’anguille qui vous permettra de nager sans que l’on vous voie jusqu’au Vao Tapu… »

 

  -«  Ah, si papa savait ça !... » s’écria Asipapasavesa en laissant éclater sa joie.

  Aussitôt dit, aussitôt fait, la princesse et sa cour se retrouvèrent un moment plus tard, aux abords du lieu interdit.

  La reine leur donna un dernier conseil.

  -« Dès que vous aurez enlevé ces peaux et retrouvé votre aspect humain, il vous faudra les cacher sous un caillou afin de pouvoir vous en revêtir à nouveau lorsque vous déciderez de rentrer. »

 

Elles firent ce que leur avait conseillé la reine et récupérèrent leur apparence normale.

La princesse Asipapasavesa était ravie.

 

Elle s’approcha pour admirer de plus près, le travail du sculpteur. L’homme fût troublé par sa beauté et l’herminette glissa dans sa main.

 

Un copeau s’échappa et vint érafler la joue princière. Une minuscule goutte de sang apparut.

 

Ce fut la panique générale. Connaissant l’amour du roi pour sa fille, le sculpteur savait que l’offense mériterait un châtiment exemplaire. La pirogue fut mise à l’eau. Tout le monde embarqua, princesse et servantes comprises.

 

Le roi s’inquiéta de l’absence de la princesse. Il l’a fit chercher. On ne la trouva pas. Il entra dans une colère terrible et donna l’ordre de fouiller l’endroit dans ses moindres recoins, mais une colonie de mouettes se mirent à piailler en se disputant comme autour d’un festin inespéré. Le roi en personne s’approcha du lieu qui dévoila de nombreuses peaux d’anguilles abandonnées. Il comprit immédiatement ce qui s’était passé.

 

  - « Tu as aidé notre fille à me désobéir…Puisque je ne la reverrai jamais, je vous bannis, toi et ton peuple, au fond du lac Lopolopo vous ne verrez plus jamais la lumière, vous serez aveugles pour les générations futures .»

 

Pendant ce temps, les fuyards avaient poursuivi leur route. Arrivés à proximité d’une île, ils s’engagèrent dans la passe en suivant un banc de mulets.

 

Parvenus au village, ils furent accueillis par les habitants qui tombèrent sous le charme de la   princesse Asipapasavesa et de ses servantes. Et aujourd’hui on reconnaît les femmes d’Uvuvea-en-bas à leurs cheveux lisses, à leur démarche souple et à leur corps sinueux… Celui de leurs grands-mères, les anguilles d’Uvuvea-en-haut.

 

C’est la fin de l’histoire.

 

Crédits

Le secret des anguilles du lac Lopolopo

De Yannick Prigent – Illustratrion Dominique Berton

Éditions Plume de notou

Réalisateur : Chloé Boutin

Producteur : Bérénice Média Corp.

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 11/05/21

Modifié le 02/10/21

Ce contenu est proposé par