Las, la mort de Charles V le Sage en 1380 sonne le glas des riches heures du Louvre médiéval. Charles VI y vit encore, mais le traité de Troyes, qui en 1420 livre le royaume aux Plantagenêts, entérine la disgrâce du merveilleux séjour. Le duc de Bedford, régent du jeune Henri VI, roi de France et d’Angleterre, fait main basse sur les centaines de manuscrits de la librairie. Le Louvre devient prison. Il faudra attendre un siècle et l’avènement de François Ier pour mettre fin à cette triste destinée.

louvre francois 1er

Le royaume est de nouveau en crise. En 1527, François Ier rentre de sa captivité madrilène et il a besoin des Parisiens. Alors il leur fait une promesse : en mars 1528, il écrit aux échevins – les magistrats municipaux – pour leur dire son intention de séjourner à Paris et de loger dans « nostre chastel du Louvre […] à cette cause nous avons délibéré faire réparer et mettre en ordre ledit chastel ». Mais c’est sans compter avec le démon de l’itinérance qui habite les rois de France depuis toujours et la ribambelle de châteaux dont le roi jouit : Blois, Chambord, Fontainebleau, Villers-Cotterêts, Saint-Germain-en-Laye… Il oublie donc sa promesse aux Parisiens. Il fait toutefois démolir le donjon du Louvre, jugé obsolète et encombrant, amer rappel de sa récente captivité. Dix-neuf ans s’écoulent avant de concrétiser sa décision de reconstruire le Louvre pour en faire une résidence moderne. Nous sommes en 1546, Paris se prépare à bientôt posséder son premier grand édifice de la Renaissance. En 1547, François Ier meurt.

Son fils Henri II, loin d’interrompre les travaux, confiés à Pierre Lescot, reconstruit l’aile ouest du vieux Louvre – dont la façade est sans doute la plus belle que l’on puisse voir aujourd’hui –, à l’intérieur de laquelle sont aménagées des pièces de réception : salle des Cariatides au rez-de-chaussée, salle des Gardes au premier étage. Un magnifique degré, dont la voûte est encore en place, monte jusqu’au quatrième étage. Au sud de cette aile, la tour ronde est démolie et fait place au Pavillon du roi, attribué au logement du souverain, dont la décoration est un chef-d’œuvre. Cadre somptueux pour fêtes non moins somptueuses ! Banquets, bals, mariages princiers, réceptions d’ambassade extraordinaire… Que d’éblouissantes réjouissances associées au faste des Valois ! Elles ne sauraient pourtant faire oublier des pages sombres de notre histoire, notamment le massacre de la Saint-Barthélemy qui ensanglanta le Louvre la nuit du 24 août 1572. Le 18 pourtant, on avait soupé et dansé au Louvre.

 

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Publié le 15/07/13

Modifié le 21/02/19