La notion de femme pour Victor Hugo


Publié le 13/11/2012 • Modifié le 10/05/2022

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La notion de femme pour Victor Hugo

Hugo : défenseur des femmes. Victor Hugo dénonce l'injustice faite aux femmes, à qui la société ne reconnaît aucun droit, ni privé ni social, et n'offre aucune protection.

6 - Pauline Roland

Les Châtiments V, 11, 1853 (écrit en décembre 1852)

« Elle ne connaissait ni l'orgueil ni la haine ; elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine ; souvent le pain qui manque abrégeait son repas. Elle avait trois enfants, ce qui n'empêchait pas qu'elle ne se sentît mère de ceux qui souffrent. [...]

Elle s'inquiétait des enfants et des femmes, elle disait, tendant la main aux travailleurs : la vie est dure ici, mais sera bonne ailleurs. Tendre, elle visitait, sous leur toit de misère, tous ceux que la famine ou la douleur abat, les malades pensifs, gisant sur leur grabat, la mansarde où languit l'indigence morose ; quand, par hasard moins pauvre, elle avait quelque chose, elle le partageait à tous comme une sœur ; quand elle n'avait rien, elle donnait son cœur. Calme et grande, elle aimait comme le soleil brille. Le genre humain pour elle était une famille, comme ses trois enfants étaient l'humanité. Elle criait : "progrès ! amour ! fraternité !" Elle ouvrait aux souffrants des horizons sublimes. Quand Pauline Roland eut commis tous ces crimes, le sauveur de l'Eglise et de l'ordre la prit et la mit en prison. [...] »

7 - Fantine

Les Misérables I, 5, 8, 1862

« Bref, on sut que Fantine avait un enfant. "Ce devait être une espèce de fille." Il se trouva une commère qui fit le voyage de Monfermeil, parla aux Thénardier, et dit à son retour : "Pour mes trente-cinq francs, j'en ai eu le cœur net. J'ai vu l'enfant !" [...]

Tout cela prit du temps. Fantine était depuis plus d'un an à la fabrique, lorsqu'un matin la surveillante de l'atelier lui remit, de la part de M. le maire, cinquante francs, en lui disant qu'elle ne faisait plus partie de l'atelier et en l'engageant, de la part de M. le maire, à quitter le pays. [...]

Fantine fut atterrée. Elle ne pouvait s'en aller du pays, elle devait payer son loyer et ses meubles. Cinquante francs ne suffisaient pas pour acquitter cette dette. Elle balbutia quelques mots suppliants. La surveillante lui signifia qu'elle eût à sortir sur-le-champ de l'atelier. Fantine n'était du reste qu'une ouvrière médiocre. Accablée de honte plus encore que de désespoir, elle quitta l'atelier et rentra dans sa chambre. Sa faute était maintenant connue de tous ! »

 

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tdc_n°827

Source : Textes et Documents pour la classe n° 827

 

 


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