« Les Contemplations », la structure de l’œuvre


Publié le 04/05/2020 • Modifié le 10/05/2022

Temps de lecture : 1 min.

Écrit par Cécile Ladjali

« Les Contemplations », la structure de l’œuvre

Selon les mots de l’auteur, le recueil Les Contemplations se présente comme « les mémoires d’une âme ». Les dix poèmes retenus ciblent l’intensité dramatique de l’ouvrage parvenu à son acmé. Ces textes choisis appartiennent au livre IV, « Paucae Meae » (citation latine qu’on pourrait traduire par "quelques vers pour ma fille", qui ouvre la seconde partie, « Aujourd’hui », succédant à la première, « Autrefois ». Si le premier volet de ce diptyque convoque la légèreté d’un lyrisme euphorique allant de pair avec un chatoiement de couleurs et de musique, le second est dominé par la contemplation, c’est-à-dire la descente dans l’abîme et la nuit du deuil.

Hugo brisé par la mort de sa fille

Victor Hugo compose son chant déchirant après la mort par noyade de sa fille, Léopoldine, survenue en 1843 à Villequier. La jeune fille avait 19 ans. Les dates du chapitrage soulignent un hiatus existentiel. Le poète romantique qui contemple est devenu un être en exil dans l’ici-maintenant. Il se sent aspiré par la déréliction et la perte qu’il ressent comme une chute sans fin. « Autrefois, Aujourd’hui. Un abîme les sépare, le tombeau », écrit Hugo à l’ouverture de son livre. Or, chez Hugo, il y a toujours de la lumière dans les ténèbres : « A celle qui est restée en France » est le dernier poème du recueil, en même temps qu’une dédicace à sa fille. Ainsi, Les Contemplations apparaissent comme un itinéraire spirituel, un rendez-vous avec l’au-delà. Le père fait de sa fille la dédicataire de l’ouvrage et aussi la seule lectrice possible. Et dans ce mouvement, il devient à son tour fantôme incandescent, nuit étoilée, pour sauver Léopoldine du néant dans une sorte de mariage mystique et funèbre.

Hugo exilé sur l'île de Guernesey

Enfin, de son exil à Guernesey, Hugo est en mesure de parler aux morts. Le poète est devenu mage, remplissant ainsi la première « fonction du poète ». Le contemplateur n’aura désormais pour interlocuteur que les êtres qu’il place « au bord de l’infini ». La mort de sa fille, « cet autre soi-même », est le début de sa propre mort et donc de son éternité.

Composition des Contemplations : deux parties, six livres 

Autrefois (1830-1843)

  • LIVRE PREMIER : AURORE. 29 poèmes.
  • LIVRE DEUXIÈME : L’ÂME EN FLEUR. 28 poèmes.
  • LIVRE TROISIÈME : LES LUTTES ET LES RÊVES. 30 poèmes.

 

Aujourd'hui (1843-1855)

  • LIVRE QUATRIÈME : PAUCAE MEAE. 17 poèmes.
  • LIVRE CINQUIÈME : EN MARCHE. 26 poèmes.
  • LIVRE SIXIÈME : AU BORD DE L’INFINI. 26 poèmes.

Sans oublier le dernier poème « A celle qui est restée en France». (2 novembre 1855), en dédicace à Léopoldine, sa fille disparue.


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