Au moment de la succession de son père Jean le Bon (1364), Charles V voit réapparaître la contestation dynastique de Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui veut empêcher son sacre à Reims.

charles vBertrand du Guesclin le bat à Cocherel (1364). Charles V donne pour mission à Du Guesclin d’entraîner au profit du royaume les Grandes compagnies, ces unions de mercenaires, de soldats perdus, qui font régner la terreur dans les provinces.

Charles V fait traîner le transfert des territoires cédés aux Anglais, puis remet la question de la Guyenne sur le tapis à l’appel du Comte d’Armagnac, dont les sujets d’Aquitaine sont accablés d’impôts par l’Angleterre : Charles prononce la confiscation de l’Aquitaine en novembre 1368. La guerre reprend. Charles V réorganise l'armée, reprise par des chefs compétents comme Du Guesclin, qui la divisent en petits groupes bien structurés. Une alliance avec le Royaume de Castille conduit à l’anéantissement de la flotte anglaise par la flotte Castillane à la bataille de La Rochelle, en juin 1372. Les places fortes cédées par le traité de Brétigny tombent ensuite les unes après les autres : Poitiers en 1372, Bergerac en 1377. Les Anglais continuant leurs chevauchées, Charles V ordonne aux campagnards la pratique de la terre déserte : se réfugier dans les villes avec toutes leurs réserves. Ainsi plus les Anglais avancent, plus leur ravitaillement devient ardu ; harcelés de plus par la nouvelle tactique d’embuscades des Français, de nombreux chefs anglais sont contraints au repli. A l’issu de ce redressement français, les Anglais perdent une grande partie de leurs possessions d’Aquitaine. La Bretagne reste à leur allié Jean IV, gouvernant le duché. Du Guesclin, fait par Charles V en 1370 connétable de France, c’est-à-dire chef des armées, est un noble breton au service de la France depuis 1361. Le Dogue noir de Brocéliande, comme on le surnomme, ne procède pas par batailles rangées classiques, mais s’attache à reconquérir « château après château ». Se contentant de peu de moyens, il harcèle sans trêve les Anglais, tirant le maximum d’effectifs modestes mais très préparés. Son type de guerre – on le qualifierait aujourd’hui de guérilla – est très adapté à la situation : reprendre des châteaux dispersés, qui commandent routes et carrefours. Son petit groupe, mobile, au noyau d'élite soudé, fonctionne comme un « commando » avant l’heure, frappant à l'improviste de manière éclair, aussitôt insaisissable pour des forces armées classiques. Du Guesclin sera l’un des piliers du redressement militaire, de la constitution d’une armée de métier et de tactique, indépendante des disputes des Seigneurs qui commandaient leurs propres armées.

Charles V, par sa stratégie militaire et politique, et ses procédés de gouvernance « sages et économes », laisse un pays en voie de réunification, une armée directement sous contrôle royal, un pouvoir royal autonome par rapport à la noblesse, notamment au plan financier par le biais d’impôts rationalisés. A sa mort en 1380, le royaume de France est doté des bases d’un Etat moderne.

Publié le 15/10/12

Modifié le 16/02/16

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