L'éducation et le développement humain


Publié le 15/10/2012 • Modifié le 20/01/2023

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Dès 1980, la Banque mondiale souligne que la lutte contre la pauvreté passe par la valorisation des ressources humaines, ce qui implique notamment de mettre l'accent sur l'éducation et la formation des jeunes et des adultes. Mais c'est le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) qui, en 1990, crée un événement de portée mondiale en prenant pour référence du progrès des nations l'Indice de développement humain (IDH), calculé non plus seulement sur la base de la richesse du pays - comme le faisait le Produit national brut (PNB) -, mais aussi sur l'espérance de vie et sur une mesure des conditions globales d'éducation : degré d'alphabétisation et durée moyenne de la scolarité. « Élargir l'éventail de ce qu'il est donné à chaque individu de réaliser au cours de son existence », telle est la définition proposée pour le développement humain en 1991.

L’éducation, un facteur de développement

L'accès aux systèmes éducatifs est dès lors un facteur déterminant du développement humain, dont l'impact s'inscrit dans le long terme. L'éducation est bien une pierre essentielle du développement humain. L'éducation des jeunes filles a ainsi un impact direct sur la santé de leurs enfants (une hausse d'1 point du pourcentage de femmes scolarisées augmente de 0,3 point le taux de survie des enfants de moins de 5 ans). L'éducation permet également d'améliorer la participation démocratique, de lutter contre les discriminations et d'améliorer la croissance.

Pourtant en 2009, 75 millions d'enfants n'ont toujours pas accès à l'éducation.  Deux tiers d'entre eux sont des filles. Dans les pays en développement, 90 % des enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés. Les filles, les enfants vulnérables, issus des minorités ou des milieux les plus pauvres, sont les principaux exclus de l'éducation. Dans les pays en développement, environ 40 % des enfants scolarisés ne terminent pas le cycle primaire. Parmi ceux achevant le cycle primaire, au moins la moitié en sortira sans maîtriser les apprentissages nécessaires à la vie courante. En 2009, alors que le développement et la croissance sont conditionnés par l'accès au savoir et aux connaissances, 776 millions d'adultes ne savent ni lire ni écrire.

Les freins à l'éducation liés aux facteurs culturels

Dans le monde, 41 millions de filles sont exclues de l'éducation, 515 millions ne savent ni lire ni écrire et 60 pays ne seront pas en mesure d'atteindre les objectifs de parité d'ici 2015. Ces chiffres attestent de l'inégalité subie et de l'urgence de la situation.

Pourquoi, aujourd'hui encore, des millions de femmes et de filles sont-elles exclues de l'éducation ?

Les raisons de l'exclusion peuvent être éducatives, culturelles, sociales... externes et internes à l'école. Préférence aux garçons, mariage et grossesse précoces, insécurité à l'école, travaux ménagers, stéréotypes, pauvreté désignent autant de freins à l'éducation des filles, dès leur plus jeune âge.

Les problèmes que pose la scolarisation de la totalité des filles sont multiples. Il faudrait entre autres développer l'éducation de la petite enfance, en particulier dans le cas des filles, afin qu'elles soient plus nombreuses à accéder à l'enseignement primaire et à en tirer profit. Un autre levier consiste à faire en sorte que les écoles soient plus accueillantes aux filles et soient des lieux où les filles se sentent bien - des lieux sûrs, sains, positifs et stimulants. Il est également important d'éliminer les stéréotypes dans la conception des manuels et autres matériels pédagogiques, en évitant de représenter les filles et les femmes dans des rôles restreints.

Plus largement, pour éradiquer les freins à l'éducation des filles, il faut aussi sensibiliser davantage les mères à leurs droits, à commencer par leur propre droit à l'éducation. Permettre aux mères d'accéder à leurs droits reste en effet le moyen le plus sûr de garantir l'éducation des filles sur le long terme.

Les freins à l'éducation liés aux handicaps

Plus de 650 millions de personnes dans le monde vivent avec un handicap qui parfois leur interdit de participer à la société. Bien souvent, ces personnes ont un espoir faible d'être éduquées, d'obtenir un emploi, de posséder leur propre maison, de fonder une famille et d'élever des enfants, d'avoir une vie sociale ou encore de voter. Pour la majorité d'entre elles, les magasins, les équipements publics et les moyens de transport ne sont pas accessibles.

Handicaps et éducation

Les enfants handicapés ont à lutter contre une exclusion flagrante de l'éducation. Des 75 millions d'enfants non scolarisés dans le monde et en âge d'aller à l'école primaire, un tiers est handicapé. Il en résulte que ces enfants constituent la minorité la plus importante et la plus défavorisée de la planète. On estime que  :

  • 20 % des personnes les plus pauvres du monde sont handicapées ;
  • plus de 90 % des enfants handicapés des pays en voie de développement ne vont pas à l'école ;
  • 30 % des enfants de la rue dans le monde vivent avec un handicap ;
  • le taux d'alphabétisation des adultes handicapés est de 3 % à peine ; ce taux, dans certains pays, ne dépassant pas 1 % pour les femmes.

L'exclusion est sans doute l'une des plus grandes violences faite aux personnes en situation de handicap. L'école, lieu de socialisation par excellence, pratique encore trop souvent la mise à l'écart. Pour répondre à cette souffrance, les stratégies d'inclusion - notion encore nouvelle dans certains pays - peuvent apporter des éléments de réponse. L'inclusion est un processus. Il permet de considérer que toute structure, tout groupe doit pouvoir fonctionner en accueillant toutes les différences, quelles qu'elles soient.


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