Les digressions romanesques constituent plus de la moitié du roman. Une vingtaine d’histoires s’articulent et se répondent autour de la trame centrale avec plus ou moins de cohérence.

L’histoire du  marquis des Arcis et de madame de la Pommeraye

Elle reprend le thème de la vengeance amoureuse et occupe une cinquantaine de pages. Denis Diderot s’inspire de l’une des histoires narrées par Robert Challe dans Les Illustres Françaises, publié en 1713. Le dramaturge allemand Schiller, contemporain des philosophes des Lumières, fut le premier à en faire une édition à part. Près de deux siècles plus tard, Robert Bresson en fait une adaptation cinématographique, Les Dames du Bois de Boulogne (1945).
 

L’histoire de l’abbé Hudson (douze pages d’un seul tenant) et celle du chevalier de Saint-Ouen (trente pages interrompues par des digressions esthétiques et morales)

Elles ont un même thème : la perfection dans le mal. Toutes deux sont aussi, pour Diderot, l’occasion de décrire les bas-fonds de l’époque.
 

L’enfance – ou les initiations sexuelles – de Jacques

Elle est racontée en un cycle de cinq historiettes comme Justine et les deux Bigre ou encore Suzon et le vicaire enfourché.

Le narrateur conclut le cycle par l’éloge de l’obscénité en littérature sous l’angle du relativisme moral.

« Comment un homme de sens, qui a des mœurs, qui se pique de philosophie, peut-il s’amuser à débiter des contes de cette obscénité ? – Premièrement, lecteur, ce ne sont pas des contes, c’est une histoire, et je ne me sens pas plus coupable, et peut être moins, quand j’écris les sottises de Jacques, que Suétone quand il nous transmet les débauches de Tibère. Cependant vous lisez Suétone, et vous ne lui faites aucun reproche. »

Diderot enrichit la trame centrale d’un ensemble d’histoires courtes plus ou moins élaborées dont la fable de la Gaine et du Coutelet, le poète de Pondichéry, le cycle de Desglands… Elles reprennent en écho les thèmes évoqués précédemment.

Publié le 03/10/13

Modifié le 28/02/20

Retrouve ce contenu dans :