Logo Lumni

Oups, veuillez renseigner une adresse email valide

France Télévisions et l’INA traitent votre adresse e-mail afin de vous adresser respectivement les newsletters Lumni et Lumni Médiateurs FTV, la newsletter Lumni Enseignants INA. Pour exercer vos droits sur vos données personnelles, cliquez sur le lien de désabonnement intégré dans les newsletters ou contactez FTV ou l’INA. Pour en savoir plus, voir les politiques de confidentialité de FTV et de l’INA.

bouton de recherche

La partie non bâtie de la production reflète, chez les puissants, la volonté de fixer leur force et leur permanence (trône, sceptre et couronne du roi, tiare et crosse de l’évêque, armes et bannière du chevalier…) et de rechercher, par-delà la mort, un gage d’éternité. Des sépultures, convoquant tous les artisanats (bijoux mortuaires, stèles des caveaux, bois et orfèvreries des sarcophages) sont des témoins importants des hiérarchies du Moyen Âge : rois, princes, seigneurs, évêques, chevaliers.

statuette christ en croix
Statuette Christ en croix.
Art roman, XIe – XIIe siècle.
collection privée,
photo © INIT-ep

Du religieux...

Si plaire à Dieu en cherchant des faveurs pour le futur passe par l’aumône, un meilleur moyen de salut pour l’âme du riche est d’orienter sa générosité vers l’Église. Nobles ou souverains financent par exemple ce qui pourra constituer le  « trésor » d’une église ou abbaye. La popularisation des reliques de saints passe par des dons visant à leur valorisation artistique prestigieuse. Ils favorisent, dès l’époque carolingienne, la promotion de l’art de l’objet et des artistes capables de produire ces pièces. Si les dons pour les objets liturgiques affirment le faste de la célébration des offices par une élite, ceux destinés aux trésors marquent la reconversion des richesses vers des objets (artistiques) de transition destinés aux rites plus populaires du pèlerinage.

bas-relief, porche roman de l'abbatiale saint-gilles du gard
Bas-relief, porche roman de l'abbatiale
Saint-Gilles du Gard (Bouches-du-Rhône).
Photo 2012 © Jean-François Jung

 

Ce partage se retrouve dans les édifices religieux : dans la clôture du chœur gothique, alors que l’on voit la liturgie se dérober au regard du peuple, dans la part circulante, le vaste programme artistique d’enseignement par l’image (sculptures, fresques, mosaïques) s’amplifie.

 

 

 

statue femme.
Statue femme.
Art gothique, Bourgogne, XIVe siècle.
collection privée, photo © INIT-ep

vers la sphère privée

Petit à petit, l’objet artistique de transition entre richesse et dévotion populaire pénètre la sphère privée. La possession de ces objets, par des aristocrates puis des marchands, passe par l’existence nouvelle d’une sphère de dévotion privée, où leur fonction religieuse est aussi prétexte. La relation personnelle avec l’objet de dévotion, propre à l’émergence d’une haute bourgeoisie, joue un grand rôle dans le progrès de l’ivoirerie gothique, donnant accès à de « mini » triptyques personnels… Ou dans celui de la gravure sur bois à la presse, dont la circulation s’accroît, faisant sortir les images religieuses de la sphère liturgique… Ou encore dans la diffusion de la sculpture sur bois, dont les petites statues enserrent des peintures au sein de retables de dimension convenant aux lieux privés. Par-delà toute sphère religieuse, apparaissent des collectionneurs, d’abord parmi les plus grands princes : le roi Charles V par exemple, et son frère le duc Jean de Berry, possesseur de pierres précieuses, de porcelaines, bijoux, orfèvrerie, et dont le nom reste lié au « livre d’heures » dont il commande en 1389 les miniatures profanes.

 

la couronne impériale de conrad ii
La couronne impériale,
datant du règne de Conrad II
du Saint-Empire romain germanique (Xe-XIe siècle),
conservée au musée du Trésor impérial
au palais Hofburg de Vienne (Autriche).
Photo 2005 © David Monniaux

Les fresques

Si la fresque religieuse étale, devant les fidèles des églises, un programme éducatif financé par les grands chantiers religieux, une forme de fresque militaire héroïque est pratiquée dans certaines fortifications, comme à la Tour Ferrande, à Pernes-les-Fontaines, où sont peints les combats menés par Charles d’Anjou en Italie du Sud : travail du XIIIe siècle, issu d’une commande d’un riche compagnon d’armes. D’autres programmes de fresques oscillent entre moralisation religieuse et méditation civile sur la destinée, comme vers 1400 les danses macabres dans des cimetières, tel celui des Saints-Innocents à Paris. À l’aube de la Renaissance, dans l’Italie des communes, naissent des œuvres d’art profane de pure propagande civile, au service  des nouveaux podestats urbains, comme la commande d’une allégorie laïque en 1328, à Simone Martini, alors peintre religieux réputé. C’est une fresque du Palais communal de Sienne, à la gloire de Guidoriccio da Fogliano, capitaine de l’armée siennoise.

 

Pour en savoir plus, découvrez au plus vite notre dossier sur la vie quotidienne au Moyen Âge.

Publié le 29/11/12

Modifié le 13/11/19

Retrouve ce contenu dans :