Un artiste, une œuvre : Man Ray

Emmanuel Radnitzky naît à Philadelphie en 1890. Il participe à plusieurs avant-gardes tout en conservant une certaine indépendance. S’il s’illustre dans différentes disciplines, la photographie contribue largement à sa renommée. Nombre des clichés de celui qui se fait appeler Man Ray (homme rayon) font partie des œuvres majeures du surréalisme.

Man Ray commence sa carrière dans le New Jersey. Il fonde la branche américaine du mouvement Dada avec son ami Marcel Duchamp, qui l’introduira auprès des surréalistes à son arrivée à Paris, en 1921.

De multiples talents

Man Ray s’illustre d’abord dans la peinture. Il dessine aussi, et crée des assemblages, comme par exemple Cadeau (1921) : un fer à repasser dont il garnit la semelle de clous. Il réalise plusieurs films, dont l’une des œuvres majeures du cinéma surréaliste : L’Étoile de mer (1928), sur un poème de Robert Desnos.

Il publie dans des magazines des photographies de mode qui le font connaître et fait de nombreux portraits.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il regagne les États-Unis et se remet à peindre. Il reviendra à Paris en 1951 jusqu’à sa mort, en 1976.

« Je suis “fautographe” »

Man Ray joue avec les possibilités de la photographie. Il y transpose la notion d’automatisme si chère aux surréalistes en employant le principe du rayogramme : disposant des objets sur du papier photosensible, il réalise des photographies sans appareil.

« J’essaie de rendre ma photographie automatique, de me servir de mon appareil comme d’une machine à écrire. » Man Ray

Lee Miller, qui fût son assistante, allume par accident la lumière dans la chambre noire. En développant les négatifs qu’il traitait alors, Man Ray invente la solarisation, qui mêle positif et négatif. Altérant les contours, ce procédé donne une aura singulière au tirage.

le violon d'ingres, man ray

Man Ray, Le Violon d'Ingres, 1924, épreuve gélatino-argentique montée sur papier, 31 × 24,7 cm.
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés. © MAN RAY TRUST / ADAGP, Paris, 2013
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Le Violon d'Ingres

En hommage aux odalisques du peintre Ingres, Man Ray photographie Kiki de Montparnasse, de dos avec un turban. Il crée un jeu de mot visuel en ajoutant des ouïes sur le tirage, en référence au violon qui fût une passion pour Ingres. Ainsi, son « violon d’Ingres », selon l’expression, c’est-à-dire son hobby favori, c’est Kiki — elle fût son modèle, mais aussi sa compagne. Picturale, photographique et littéraire, cette œuvre s’inscrit dans l’esthétique surréaliste.

Publié le 21/05/2013

Modifié le 13/11/2019

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