Le premier Tour de France

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La grande explication
Publié le 03/07/18Modifié le 14/11/19

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Le premier Tour de France a lieu le 1er juillet 1903, à Montgeron, dans la banlieue sud de Paris. Soixante coureurs se tiennent prêts pour le départ de la plus grande épreuve cycliste jamais organisée. Ils s’appellent Maurice, Hippolyte ou encore Lucien et leurs lourdes bicyclettes n’ont ni vitesses ni freins. Ils sont venus pour le sport, la gloire… mais aussi pour les 3 000 francs promis au vainqueur. A 15h16, un coup de revolver éclate. Les concurrents, fébriles, s’élancent vers Lyon, première étape de cette Grande Boucle qui fait le tour de la France en passant par Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Seuls 21 d’entre eux franchiront la ligne d’arrivée, couverts de boue et de poussière après ces 2 428 km d’efforts, de sueur et de larmes.

Qui a crée le tour de France ?

Ce projet un peu fou, c’est celui d’Henri Desgranges, directeur du quotidien sportif L’Auto-Vélo. Contraint de se rebaptiser L’Auto par son principal concurrent Le Vélo, il entend relancer les ventes du journal en créant un événement hors-normes.  Une formidable opération marketing pour rattraper ses lecteurs cyclistes… L’Auto pulvérise ses records de vente ! Les Français se pressent sur le bord des routes pour acclamer ceux que l’histoire surnommera bientôt les géants. Le Tour de France sera alors organisé chaque année, sauf en période de guerre, et deviendra très vite la course cycliste la plus populaire du monde. Sous la pluie ou par temps de canicule, le public est là pour encourager les braves.

En 1910, lorsque le Tour s’aventure pour la première fois dans les Pyrénées, le spectacle est grandiose. Les routes sont dangereuses et les coureurs n’ont le droit qu’à leur courage pour affronter la montagne qu’ils baptisent « Le cercle de la mort ». Dans les années 1950, la télévision contribue largement à l’engouement extraordinaire suscité par la Grande Boucle. Chaque été, des millions de téléspectateurs sont fidèles au rendez-vous. 

Bien plus que du sport, le Tour est un formidable feuilleton, avec ses exploits et ses drames. Pour rien au monde on ne veut rater le triomphe du héros, le combat titanesque du grimpeur ou la chute spectaculaire du géant. On rit, on frissonne, on pleure… ou on fait la sieste. 

Dès les premières éditions du Tour, l’endurance de ces forçats de la route est stimulée par des produits dopants. Bien vite, leurs performances semblent suspectes. Dans les années 1960, les premières affaires liées au dopage éclatent, ternissant l’image du Tour et la santé des coureurs. Le 13 juillet 1967, à moins de 3 kilomètres du sommet du mont Ventoux, le Britannique Tom Simpson titube, puis s’effondre. L’autopsie révèle l’usage d’amphétamines.  Mais si les scandales enflamment les repas du dimanche, on continue à vibrer en regardant ces champions qui roulent et la France qui défile. 

Qui a porté le premier maillot jaune ?

En 1903, le grand vainqueur du premier Tour de France est Maurice Garin. Un jeune coureur cycliste de 32 ans que l’on surnomme le Petit Ramoneur, du fait de sa petite taille et de son ancien métier. Mais, à l’époque, le maillot jaune n’existe pas encore. Ce n’est qu’en 1919, dans une France meurtrie par quatre années de guerre qu’il fait son apparition, porté par Eugène Christophe. Jaune, aux couleurs du journal L’Auto, pour permettre au public de repérer plus facilement le champion lorsqu’il regarde passer le Tour. Depuis, le maillot jaune est devenu un véritable symbole. Le Graal absolu.

 

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