Si, d’une façon générale, Charles Dickens, en se consacrant au feuilleton, ne produisit, mois après mois, que des formats courts, il est aussi l’auteur tout au long de sa carrière de nombreuses histoires courtes. La traduction anglaise d’une histoire courte ou nouvelle est short story (quelquefois le mot novella est aussi utilisé en anglais pour désigner une histoire courte), le mot anglais novel désignant le roman de plus de cent pages.

Les plus célèbres de ses short stories sont ses contes de Noël et en particulier A Chrismas Carol paru en 1843 : un succès planétaire, lu et relu à haute voix le soir de Noël par le père de famille dans des millions de foyer chrétiens de par le monde. Comme souvent, chez Dickens, il s’agit d’une fable morale où l’abominable méchant, Ebenizer Scrooge, l’oncle avaricieux qui inspira directement au studio Disney le personnage de Oncle Picsou (Scrooge Mac Duck), est touché par la grâce de Noël, incarné par trois spectres effrayants. Scrooge retrouve alors le chemin de la compassion et devient un patron modèle ! A Christmas Carol est aujourd’hui l’œuvre de Dickens la plus adaptée à la radio, à la télévision et au cinéma jusqu’au récent A Christmas Carol de Robert Zemeckis (2009) !

Devant le succès immédiat de son conte de Noël, Dickens récidive en proposant l’année suivante The Chimes, une histoire de cloches où les goblins (esprits des carillons) jouent le rôle des spectres de A Christmas Carol, montrant le sombre avenir qui attend l’héroïne si elle ne s’amende pas. Dickens l’admet lui-même, The Chimes n’a pas le charme de A Christmas Carol,  mais il se rattrape l’année suivante avec le célébrissime The Cricket on the Hearth, un immense succès où la vertu triomphe du vice grâce à la magie de Noël. Les personnages de Caleb Plummer, vieil ébéniste fabricant de jouet, et du Grillon à voix humaine, gardien du foyer, rappelleront quelque chose aux lecteurs du Pinocchio de Carlo Collodi paru trente-cinq  années plus tard. En écrivain et homme d’affaires avisé, Charles Dickens publiera pratiquement chaque année jusqu’à sa mort un conte de Noël dans les revues House hold Worlds, puis All the Year Round, et l’on imagine cette société victorienne plutôt dure aux miséreux, attendant avec ferveur la livraison annuelle de Dickens pour se redonner bonne conscience le temps de la lecture familiale du 24 décembre !

a christmas carol

Publié le 16/10/12

Modifié le 12/11/19

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