L'univers amical, littéraire et intellectuel de Stefan Zweig

Il n'y a rien d'étonnant à ce que l'amitié ait joué un rôle essentiel au cours de l'existence de Zweig, lui qui ne rêve que de fraternité et d'échanges entre les hommes et les nations.

Les échecs amicaux seront pour lui des drames difficilement supportables. On peut citer parmi ses amis Freud, les écrivains Arthur Schnitzler, Joseph Roth et le français Jules Romains ou bien le peintre et graveur belge Franz Masereel. Deux hommes ressortent nettement dans ce paysage affectif : le poète belge Emile Verhaeren et l'écrivain français Romain Rolland, qui auront un impact profond sur Zweig et ses idéaux.

Emile Verhaeren

La force de Verhaeren, la vitalité de ses écrits et son mode vie rustique sont à l'opposé de l'atmosphère littéraire très précieuse de Vienne. À son contact, Zweig se libère, s'ouvre à d'autres dimensions : autant il est introverti et réfléchi, autant Verhaeren est entier et passionné. Zweig consacre durant 2 ans toute son énergie afin de faire connaître l'œuvre de Verhaeren hors des frontières belges, et il écrit également sa biographie. La Première Guerre mondiale les séparera, Verhaeren se laissant emporter par un anti-germanisme virulent. Il honnit l'Allemagne et renie ses amis allemands : c'est un déchirement pour Zweig, si dévoué et fidèle. Pourtant, il n'arrive pas à lui en vouloir et il tente jusqu'au bout d'excuser son ancien mentor.

Romain Rolland

Cependant, aucun homme n'aura autant d'importance et d'influence sur Stefan Zweig que l'écrivain Romain Rolland. une profonde amitié lie les deux écrivains, qui discutent et échangent sans cesse et sur tout : la philosophie, la musique, la littérature. Ils parlent aussi de leur conception du monde et de l'humanité. En effet, ils partagent les mêmes idéaux pacifistes, particulièrement celui d'unité des nations européennes. Romain Rolland et son œuvre expriment et défendent ces principes humanistes que Zweig porte en lui depuis toujours. Comme à chaque fois qu'il admire un homme et son travail, Zweig écrit sa biographie, il le traduit et le fait connaître en Allemagne. Rolland sera à la fois son ami, son guide et son repère pendant de nombreuses années. Leur relation s'étiolera dans les années 1930 : Rolland ne comprend plus l'attentisme et le silence de Zweig face à la montée du nazisme. Car Zweig, qui a pourtant conscience du danger, refuse par principe de se mêler de politique et de prendre parti.

Publié le 16/10/2012

Modifié le 16/02/2022

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