La démocratie naît à Athènes au VIe siècle avant J.-C. dans un contexte de crise sociale et économique. Le peuple et les artisans réclament plus de droits politiques face aux nobles. Les réformes de Solon, Clisthène, puis de Périclès vont progressivement ouvrir les droits politiques à un plus grand nombre.
La citoyenneté à Athènes
La citoyenneté à Athènes est un statut très particulier qui ne concerne qu'une petite partie de la population.
Les conditions pour être citoyen
⇒ Pour participer à la vie politique, il faut avoir le statut de citoyen. Les citoyens ne représentent que 15 % de la population totale d'Athènes.
Sont exclus de la citoyenneté :
- Les garçons de moins de 18 ans.
- Les femmes, quel que soit leur âge.
- Les métèques : des étrangers libres qui vivent et travaillent à Athènes.
- Les esclaves : ils sont considérés comme des marchandises.
Les droits du citoyen
- Posséder des terres.
- Bénéficier d'une protection juridique.
- Participer à la vie politique de la cité.
- Recevoir le misthos : une indemnité versée aux citoyens les plus pauvres pour leur permettre de participer aux assemblées et aux tribunaux.
Les devoirs du citoyen
- Respecter les lois et la religion de la cité (participer aux cultes et aux fêtes comme les Panathénées).
- Défendre la cité : les jeunes citoyens effectuent un service militaire de 18 à 20 ans, l'éphébie. Ils servent dans les forces terrestres (hoplites) ou dans la flotte.
- Accomplir la liturgie : les plus riches doivent financer des dépenses publiques comme la construction de navires ou l'organisation de pièces de théâtre.
L’organisation politique à Athènes
La démocratie athénienne repose sur des principes et des institutions qui permettent au peuple de gouverner. Le pouvoir est exercé par le peuple (démos), dans l'intérêt du plus grand nombre. La démocratie athénienne repose, à partir des réformes de Clisthène sur l'isonomie : tous les citoyens sont égaux devant la loi et ont les mêmes droits.
Les garanties du système
- L'isonomie
La démocratie athénienne repose, à partir des réformes de Clisthène sur l'isonomie : tous les citoyens sont égaux devant la loi et ont les mêmes droits. - L'alternance
Les mandats sont courts (souvent un an) et non renouvelables pour la plupart. Ce qui permet à un grand nombre de citoyens de gouverner à tour de rôle et évite que le pouvoir ne soit confisqué - Le contrôle
Tout citoyen peut être démis de ses fonctions en cas d'abus. Périclès lui-même a été accusé de détournement de fonds. - L'ostracisme
L'ecclésia peut voter pour bannir un citoyen de la cité s'il est jugé dangereux pour la démocratie.
Les principales institutions
L'organisation de la ville reflète le fonctionnement de la démocratie. L'Acropole est le centre politique et religieux, la colline de la Pnyx accueille l'assemblée des citoyens et l'agora est le cœur de la vie publique.
- L'ecclésia
C'est l'assemblée de tous les citoyens (environ 40 000). Elle se réunit plusieurs fois par mois sur la colline de la Pnyx pour débattre et voter les lois à main levée. - La boulê
C'est un conseil de 500 citoyens tirés au sort. Son rôle est de préparer les lois qui seront votées par l'ecclésia. - L'héliée
C'est le tribunal du peuple, composé de 6 000 citoyens tirés au sort. - Les magistrats
Ils sont environ 700, parmi les plus riches. Parmi eux, on trouve les 10 archontes (responsables de la justice et de la religion) élus ou tirés au sort parmi les citoyens de plus de 30. Les anciens archontes forment l’aéropage qui juge les crimes de sang. Enfin, 10 stratèges élus dirigent l'armée et s’occupent de diplomatie. Périclès a été élu stratège 30 fois.
La démocratie, un régime politique qui doit s’adapter
La démocratie athénienne est définie par Périclès comme un régime administré « dans l'intérêt du plus grand nombre et non d'une minorité ». Son but est d'assurer la prospérité de la cité pour tous.
- Une référence pour les démocraties modernes
⇒ Ce régime antique reste un modèle pour nos démocraties occidentales.
⇒ L'idée que le pouvoir doit profiter à tous est un objectif que l'on retrouve aujourd'hui. - Des différences importantes
⇒ La cité grecque est très différente de nos États-nations actuels, notamment par sa taille.
⇒ La notion de « droit universel des individus » n'existait pas pour les Grecs. La citoyenneté était liée à l'appartenance à la cité (polis). - Un modèle à adapter et qui inspire encore
Il ne s'agit pas de copier le modèle athénien, mais de s'en inspirer pour inventer de nouvelles formes de participation citoyenne.
On retrouve cette inspiration dans des mouvements contemporains :
⇒ Les manifestations populaires : après le mouvement du printemps arabe, le peuple descend dans la rue en Algérie pour exprimer directement sa volonté et s'opposer à une décision politique.
⇒ Le mouvement des « Indignés » né en Espagne : des citoyens se rassemblent sur des places publiques pour débattre et prendre des décisions, ce qui rappelle l'ecclésia qui se réunissait sur la Pnyx.
► L'idée fondamentale à retenir est que le pouvoir doit reposer sur une coopération entre gouvernants et gouvernés.
« Le pouvoir n’est la chose de personne, mais l'affaire de tous ».
Citation célèbre de Périclès





