Le mouvement des droits civiques provoque la résurgence du Ku Klux Klan (KKK).Organisation clandestine, prônant la suprématie de la race blanche, le KKK est directement impliqué dans l’incendie d’une église noire baptiste causant la mort de quatre fillettes (Birmingham dans l’Alabama, 1963) et dans l’assassinat de trois militants des droits civiques (Philadelphia dans le Mississippi, 1964).

Créé dans le Sud au lendemain de la guerre de Sécession en 1865, le Klan avait pour objectif premier la lutte contre les Noirs qui venaient d’être émancipés. Il est dissous officiellement en 1869, mais connaît un nouvel essor après la Première Guerre mondiale, cristallisant toutes les inquiétudes de la vieille Amérique. De raciste, il devient aussi antimarxiste, xénophobe et réactionnaire. Mis en liquidation en 1944, il renait de ses cendres une nouvelle fois pour combattre la déségrégation des années 50-60. Depuis, il tente de renaître régulièrement, trouvant de nouveaux ennemis (les homosexuels, les immigrants illégaux, …), sans réussir à dépasser le stade de groupuscules.

Le KKK reste fidèle à son organisation de société secrète et à son folklore : leur hiérarchie complexe répond à des dénominations ésotériques (le grand wizzard est le chef suprême du Klan) ;  ils se vêtissent de longues robes blanches et arborent des cagoules blanches pointues sur la tête. Leurs actions obéissent toujours aux mêmes rites : lynchages et brutalités, croix enflammées devant les maisons des ennemis à leur cause, etc. 

kkk_bis

Parade du Ku Klux Klan, à Washington,
le 13 septembre 1926.
Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, Washington D.C.

Lors du mouvement des droits civiques, le KKK ne compte pas plus de 20 000 membres (contre 5 millions d’adhérents revendiqués en 1925), mais il trouve un écho dans les États du sud où la déségrégation y est perçue comme une menace. Pour les « petits blancs » pensant qu’il seraient les premières « victimes » de la déségrégation, comme pour la classe dirigeante, politiques et entrepreneurs, luttant pour la préservation d’un mode de vie.

La stratégie adoptée par le mouvement des droits civiques -des manifestations de masse non violentes- les ont poussé dans leurs excès: à Birmingham en 1963, le chef de la police Bull Connor fait chasser les manifestants par des lances d’incendie réglées à pleine pression et lâcher les chiens policiers ; la même année, le gouverneur de l’Alabama George Wallace réunit ses partisans devant l’Université de l’Etat pour tenter d’empêcher l’entrée de ses deux premiers étudiants noirs. Le mouvement des droits civiques gagne le soutien de l’opinion publique américaine, alertée par les images choquantes diffusées par la presse.

Publié le 19/12/12

Modifié le 16/02/16

Retrouve ce contenu dans :