Zweig et la culture


Publié le 16/10/2012 • Modifié le 16/02/2022

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Zweig et la culture

Zweig considère Érasme comme le premier Européen, œuvrant selon des principes humanistes. Et comme Érasme en son temps, il souhaite plus que tout préserver son indépendance et sa libre-pensée. Il refusera toujours l’embrigadement, le rattachement à une cause idéologique, religieuse ou politique. Ainsi, bien que Zweig ait travaillé avec Theodor Herzl, théoricien du sionisme (mouvement prônant la création d’un État juif en Palestine), il n’y adhérera jamais.

Le rêve européen

Pour Zweig, l’identité européenne doit transcender toutes les autres. Comme Romain Rolland, il pense que seule la culture (la littérature, la musique) peut vaincre les nationalismes exacerbés dont sont issues les rivalités qui gangrènent l’Europe. Rolland exprime dans son roman Jean-Christophe son rêve d’une union entre deux nations depuis longtemps ennemies, la France et l’Allemagne. Pour l’écrivain français l’unité des nations européennes passe justement par celle des deux rivales. L’amitié entre Zweig, francophile, et Rolland, fin connaisseur de la culture allemande, reflète à leur échelle cet idéal. Un espoir qui, dans ce contexte d’avant-guerre, paraît d’autant plus atypique. La Première Guerre mondiale y met brutalement un terme.

Un idéal pacifiste

Zweig cède brièvement à la fièvre nationaliste, mais il s’en écarte rapidement. Il est anéanti par ce déferlement de haine, particulièrement entre Français et Allemands. Car même s’il est Autrichien, la culture germanique est une part essentielle de son identité culturelle. Seul le militantisme actif de Romain Rolland le tire de son profond accablement. Il achève en 1917 la pièce Jérémie, dans laquelle il affirme son idéal pacifiste : c’est un franc succès. Il réitère dans son essai Le Cœur de l’Europe, où se mêlent pacifisme et esprit paneuropéen. Après la guerre, il entame une série de conférences à travers l’Europe où il parle de Romain Rolland mais aussi d’autres auteurs (Balzac, Dickens, Stendhal). Il perçoit à travers ces artistes une trame qui dépasse les frontières physiques : selon lui la culture est la clé de la réconciliation. À chaque fois, il s’exprime en faveur de la paix et de la fraternité européenne, la seule cause politique dans laquelle il s’est réellement investi au cours de son existence. L’arrivée au pouvoir d’Hitler et l’imminence d’un nouveau conflit qui va enflammer l’Europe toute entière balayent son idéal et tous ses espoirs. Il ne s’en relèvera pas.


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