Étienne de La Boétie a au contraire rédigé ce texte très jeune, vers l'âge de 17 ou 18ans, aux alentours de 1548. C'est la précocité de sa pensée qui a notamment impressionné son ami Montaigne.
Au contraire, l'oeuvre a circulé de manière clandestine, sous forme de manuscrit, du vivant de son auteur. Elle n'a été publiée qu'après sa mort, d'abord en extraits en 1574, puis en intégralité en 1576.
Le texte est ancré dans l'humanisme du XVIe siècle. Ce mouvement place l'homme au centre de ses réflexions, valorise la raison, la liberté et s'inspire beaucoup des auteurs de l'Antiquité, comme le fait La Boétie.
La Boétie s'étonne que le peuple ne soit pas seulement contraint d'obéir, mais qu'il semble vouloir sa propre soumission. Le mot « servitude » vient du latin servus, qui signifie « esclave ».
C'est le paradoxe que La Boétie expose :
Le tyran n’a de puissance que celle qu’on lui donne.
Il est un « colosse aux pieds d'argile » qui s'effondrerait si le peuple arrêtait de le soutenir.
Pour La Boétie, la raison principale et la plus puissante est l'habitude. Les gens naissent dans la servitude et sont éduqués à obéir, si bien qu'ils finissent par oublier leur état naturel de liberté.
La Boétie dénonce la façon dont le tyran utilise les divertissements pour amadouer le peuple, le distraire de son asservissement et le rendre docile.
Il considère les tyrans élus comme les pires. Leur pouvoir n'étant pas naturellement transmissible, ils sont prêts à tout pour que leurs enfants puissent en hériter, se montrant souvent plus cruels.
Le tyran ne peut pas gouverner seul. Il s'appuie sur une pyramide de complices qui le servent par intérêt personnel. Cependant, La Boétie souligne qu'aucune amitié réelle n'est possible, car la peur et la trahison règnent.
La Boétie propose une solution passive et non-violente :
Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres.
C'est le principe de la désobéissance civile, qui inspirera des penseurs comme Thoreau bien plus tard.
Bien au contraire, le ton est polémique, c'est-à-dire combatif. La Boétie ne plaint pas le peuple, il le bouscule et le provoque avec des mots parfois durs (« peuple sot ») et des questions rhétoriques pour le faire réagir et prendre conscience.
Le texte montre comment « défendre » la liberté en arrêtant de servir le tyran, et comment l'« entretenir » en luttant contre l'habitude et en restant lucide. Il invite le lecteur à ne jamais oublier sa nature d'être libre.
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« Discours de la servitude volontaire » Etienne de La Boétie
Ce quiz sur le Discours de la servitude volontaire d'Etienne de la Boétie devrait t'aider dans ta préparation aux épreuves du bac de français, que tu sois en voie générale ou en voie technologique. Il te permet de vérifier si tu maîtrises les notions essentielles de cette œuvre et du parcours dans lequel elle s'inscrit : « Défendre et entretenir la liberté ».
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